Jean-Luc Mélenchon à la télé : salut l'artiste ! - Par Jean LÉVY
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Jeudi soir, sur BFMTV, Jean-Luc Mélenchon était interrogé sur la réforme des retraites, telle que Macron, en bon serviteur des patrons, voudrait l'imposer aux Français.
Avant d'aborder sur le fond les réponses apportées par leader historique des Insoumis aux questions posées par les journalistes, disons que le ton, la forme et la connaissance technique du dossier par Mélenchon forcent l'admiration.
Passant d'une fausse colère à une connivence simulée derrière un sourire bonhomme, l'orateur a cloué le bec aux interviewers.
Et le plaisir qu'on ressent à voir la tête de ses interlocuteurs désemparés à propos d'une question posée sur le député Adrien Quatennens, et de la cinglante réplique de Mélenchon sur ce procès en sorcellerie, chaque jour renouvelé, suivi de son départ brusqué...
Pour terminer sur ce chapitre, disons que Jean-Luc Mélenchon est de loin le meilleur acteur actuel en politique, le seul tribun que nous avons eu en France depuis des décennies.
Cela pour la forme.
Quant au fond, dans sa critique mordante du capitalisme de notre temps, Mélenchon instruit, pour l'exemple, le procès de Bernard Arnault, dont sa première place dans le camp des milliardaires, est basée uniquement sur l'industrie du luxe...Image de la vanité d'une classe sur le déclin.
Mais, au-delà de cette juste remarque, les propos de Mélenchon s'en tiennent à la théorie dérisoire du fameux "partage du gâteau" : les capitalistes gardent tout pour eux, ne laissant rien de leur richesse au monde du travail. D'où l'idée d'une ponction sur les ultrariches pourrait régler tous les problèmes au niveau du pouvoir d'achat des classes populaires, salariés et retraités.
Mais, la justice ne peut se satisfaire du partage entre le voleur et le volé. Car les milliards accumulés par les grands patrons, les administrateurs du CAC 40, les gourmands de dividendes, toute leurs fortunes ne poussent pas sous les épais tapis des conseils d'administration, dans les beaux salons de Passy, d'Auteuil et de Neuilly, elle s’accumule dans la sueur et le mal au dos des salariés, et dans la tête des ingénieurs qui ont imaginé les biens créés.
Leur valeur doit revenir à ceux qui en sont les auteurs, directement pour une part, et pour la société dans laquelle ils vivent. A travers les services publics, l'école, la santé, l'énergie, les transports et leur cadre de vie.
Sans oublier une part du gâteau à tous les enfants.
JEAN LÉVY


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