Au Maroc aussi, la révolte sociale s’amplifie ! - Par Jean LÉVY
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INFOS SOCIALES
En matière d’emploi, sur une population de 36 millions de personnes, seul un peu plus d’un million sont des salariés du secteur privé formel, selon les chiffres du Haut-Commissariat marocain au plan (HCP). Un autre million est employé par le secteur public, dont la moitié dans l’armée et les services de police ou assimilés. Trois millions sont salariés dans le secteur informel, 2,3 millions sont des aides familiaux non rémunérés, et 3,4 millions auto-employés (essentiellement dans des activités de survie telles que vendeur de rue).
Un million et demi de Marocains sont déclarés chômeurs, et 148 000 actifs occupés sont des enfants de moins de 18 ans, dont 88 000 pratiquent des activités dangereuses
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SUR DES INFORMATIONS REPRISES SUR
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du 17 avril 2023
Au Maroc, une coalition regroupant les syndicats et les partis de gauche - le Front social - organise une riposte de masse contre une inflation dévastatrice, porteuse de misère généralisée de la population.
Déjà le 8 avril, des manifestions contre la vie chère ont été organisées dans tout le pays.
Le 1er Mai est décrété « jour de colère à l’échelle nationale », annonce la Confédération démocratique du travail (CDT), ce sentiment est partagé par la grande majorité des citoyens, confrontés à la flambée des produits alimentaires, sans que le gouvernement intervienne.
Les syndicats s’y préparent en multipliant les appels à manifester et les actions de protestation. Les premiers manifestants ont fait leur apparition, samedi 8 avril, dans une soixantaine de villes et de localités, dont la capitale économique, Casablanca, ainsi qu’à Rabat, Tanger ou encore Marrakech.
Les personnels de la fonction publique ont déjà observé une grève générale.
Ces mouvements répondent à l’appel du Front social, une coalition de partis de gauche, de syndicats et d’ONG de défense des droits humains.
Cette coalition plonge ses racines dans les luttes de la décennie précédente, dont le puissant Mouvement de contestation du 20 février 2011, non sans ranimer aussi l’esprit du hirak rifain (2016-2018).
Cette référence de luttes passées est devenue le cauchemar du régime.
Lancé lors du congrès de la CDT, en novembre 2019, le Front social jette une passerelle entre les syndicats et les formations politiques de gauche – Fédération de la gauche démocratique, Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (Pads), Congrès national Ittihadi (CNI), Parti socialiste unifié (PSU) et Annahj Addimocrati (la Voix démocratique).
La « Grève générale », accompagnée de sit-in dans la fonction publique, tel est le mot d’ordre lancé ce mardi par la CDT, en tête de cette dynamique. Au centre des revendications : l’augmentation générale des salaires, la révision de l’impôt sur le revenu, la préservation des acquis de la retraite. Les accords conclus avec le gouvernement, le 30 avril 2022, et les engagements de ce dernier sont passés à la trappe.
Des promesses non tenues dans un contexte de crise, car les dirigeants font plutôt preuve « d’un parti pris pour les intérêts des capitaux rentiers et spéculateurs », dénonce la CDT.
Mais pas seulement.
Le Front social hausse le ton sur le thème de la mobilisation contre la cherté de la vie. La coalition pointe la fragilité de l’économie, « fortement dépendante des aléas de la situation extérieure, fondée sur la rente, le monopole, la dépendance vis-à-vis des milieux impérialistes, la corruption, les pots-de-vin, le clientélisme et le népotisme ».
Au Maroc, l’inflation a atteint 9,4 % au premier trimestre 2023, contre 4 % à la même période l’an dernier, selon les chiffres du Haut-Commissariat au Plan. Les prix des denrées alimentaires ont fait un bond de 20 %, une situation intenable durant le mois de jeûne pour la grande majorité de la population.
« Se nourrir au Maroc (…) deviendra bientôt un luxe », commentait, à la veille des manifestations du 8 avril, le quotidien francophone Al Bayane. « Depuis l’avènement de ce gouvernement, les familles aux faibles revenus ne savent plus à quel saint se vouer. Viandes, fruits, légumineuses et poisson, tout est désormais considéré comme un luxe. »
Les rassemblements des 8 et 18 avril font figure de répétitions, dans la perspective de la Fête du travail, rendez-vous des syndicats particulièrement exaspérés par « l’indifférence » de l’exécutif.
La gauche marocaine, dont la présence dans les mobilisations populaires a marqué des reculs ces dernières décennies, compte bien rebondir à la faveur de cette vague de contestation sociale aux accents politiques.
Les violations des droits de l’homme – notamment le sort qui est fait aux journalistes broyés par le système répressif du Makhzen au fil de procès arrangés et en dépit des condamnations internationales – trouvent à nouveau un écho dans le discours des militants progressistes.
JEAN LÉVY


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