Déjà quatre ans derrière les barreaux : Julian ASSANGE, héros persécuté
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Par Fabien RIVES
C’est un sinistre anniversaire qui se répète. Après avoir contribué à rendre possibles les fuites d'informations d'intérêt général les plus massives du XXIe siècle, Julian Assange est sous écrou depuis quatre ans, jour pour jour. Incarcération qui, pour le fondateur de WikiLeaks, n’est autre que le chapitre en cours d’un calvaire de plus d’une décennie, dont les multiples rebondissements sont racontés en détails dans « L’Affaire Assange Histoire d’une persécution politique ». Cet ouvrage édifiant a été réalisé par le professeur en droit international Nils Melzer, qui s’est progressivement investi dans ce dossier au cours de sa mission de rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Le livre est disponible en français aux Editions Critiques. On y découvre comment le calvaire de Julian Assange a été salement orchestré par Washington, avec la complicité active d’une tripotée d’administrations occidentales.
Une visite annonciatrice ?
Début avril, le fondateur de WikiLeaks a reçu la visite de Stephen Smith, haut-commissaire d’Australie au Royaume-Uni. Cité par ABC, le haut fonctionnaire a expliqué être le premier responsable de son pays, depuis fin 2019, à venir rencontrer Julian Assange à Belmarsh, dans la banlieue est de Londres. L’épisode survient quelques semaines en amont du déplacement de Joseph Biden en Australie, prévu au mois de mai.
En attendant, des parlementaires britanniques et australiens ont écrit au procureur général américain Merrick Garland, pour l'avertir qu’une extradition du fondateur de WikiLeaks aux Etats-Unis (où il encourt jusqu’à 175 ans de prison pour les 18 chefs d’inculpation formulés à son encontre) aurait «un effet dissuasif sur le journalisme». Autant d’éléments qui donnent de l’espoir à l’un des plus proches soutiens de Julian Assange : son père, John Shipton. « Pour ma part, je dirais que c'est le début de la fin de l'incarcération de Julian», a-t-il déclaré dans une toute récente interview accordée au média d’investigation en ligne Consortium news.
Pour rappel, si le ressortissant australien croupit depuis plusieurs années derrière les barreaux d’une prison de haute sécurité alors qu’il n’y purge aucune peine, c’est en premier lieu à cause de l’acharnement de Washington pour obtenir son extradition outre-Atlantique. Ainsi, la Justice britannique n’a toujours pas procédé à la libération, même sous caution, de Julian Assange. Pour l’heure, sa défense ne peut solliciter, comme elle le souhaitait il y a peu, la Cour européenne des droits de l’homme, en raison d’une procédure en cours au Royaume-Uni pour contester l'extradition sur d'autres points de droit.
Silence assourdissant des chancelleries occidentales
Hypocrisie, deux poids deux mesures, indignation à géométrie variable, complicité sadique… Que dire qui ne l’a pas déjà été au sujet du silence, dans cette affaire, des dirigeants dudit « monde libre » ? Alors que les appels à l’abandon des charges étasuniennes contre Julian Assange se sont multipliés ces derniers mois en Amérique latine, pas une seule voix, parmi les diplomaties occidentales, ne s’est élevée pour défendre la cause du ressortissant australien dont le travail lui a pourtant valu de nombreux prix de journalisme à travers le monde.
Honte à ces chancelleries qui se taisent devant la persécution d’un homme qui a participé à éclairer l’humanité sur de multiples guerres au cours des deux dernières décennies. Honte à elles qui prétendent ridiculement être attachées aux libertés fondamentales mais qui n’osent accorder un seul mot de soutien à l’endroit de celui qui a consacré sa vie à l’une d’entre elles : celle d’être informé.
Rien d’étonnant donc, à ce que les mêmes chancelleries organisent désormais, sans aucune sorte de consultation démocratique, la censure de médias sur leur propre sol, alors que des journalistes professionnels y exerçaient leur métier avec passion. Ainsi, l’affaire Assange a figuré parmi les sujets que j’ai eu à cœur de couvrir en toute autonomie chez RT France, notamment à travers plusieurs déplacements devant la prison de Belmarsh, auxquels j’ai moi-même participé.
En attendant d’y voir plus clair sur la suite, j’ai d’ores et déjà appris la tenue d’un événement organisé le 16 avril à 14 heures, place de l’Hôtel de ville à Paris, pour appeler, encore et toujours, à la libération de Julian Assange. D’ici là, vous reprendrez bien un peu de liberté d’informer ?
F.R.
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