Bernard CAZENEUVE, ou la « gauche » dont rêvent les médias
/image%2F1449569%2F20230506%2Fob_e7f47e_bernard-cazeneuve-presse.jpg)
/image%2F1449569%2F20230506%2Fob_a0af76_acrimed.jpg)
Par Maxime Friot, Pauline Perrenot
Incarnation de la « gauche de gouvernement », « raisonnable » et « républicaine », détracteur invétéré de la Nupes, Bernard Cazeneuve fait figure de « gendre idéal » aux yeux de l’éditocratie – qui lui adresse, en retour, des louanges unanimes.
« Voici un homme rare dans les médias, et qui ne parle jamais pour ne rien dire. Voici Bernard Cazeneuve. » C’est avec cette marque de distinction que Yann Barthès intronisait l’ancien Premier ministre sur le plateau de « Quotidien », le 8 février. Deux mois plus tard, Le Monde relève combien « M. Cazeneuve est omniprésent dans les médias » (18/04). Que s’est-il passé entre-temps ? Rien qu’un processus classique de consécration médiatique, favorisé par la parution d’un livre sur François Mauriac (garantissant une tournée promotionnelle à son auteur), la détention d’un capital politique important (Bernard Cazeneuve est ancien maire, député, ministre et Premier ministre), et, last but not least, un positionnement politique compatible avec la vulgate éditocratique : la Nupes, c’est mal, la « gauche » modérée, c’est bien (ou c’est supportable).
Mimétisme aidant, on peut dire qu’un tel cocktail a fait son œuvre. Interrogé dans Le Point (2/02), « Quotidien » (8/02), Le Parisien (en Une, 13/02), La Tribune (15/03), le JDD (2/04), France Inter (5/04), « C à vous » (5/04), L’Express (6/04), Lire (6/04), France Culture (8/04), Public Sénat (14/04), Franc-Tireur (en Une, 19/04), La Vie (20/04), Politis (26/04)… Bernard Cazeneuve est partout, ou presque, invité en sa qualité d’écrivain et/ou d’homme politique.
« Refonder » la gauche dans la presse... de droite
Gardien auto-proclamé et médiatiquement consacré du « champ républicain », l’ancien ministre est régulièrement sollicité par les chefferies éditoriales afin d’arbitrer les élégances à gauche, quitte, au passage, à oublier ou redorer son bilan politique [1]. Tel avait été (par exemple) le cas à l’occasion de la chasse aux sorcières médiatico-politique contre les « islamo-gauchistes », ou encore, plus récemment, de la cabale contre la « gauche irresponsable » et les indisciplinés du débat parlementaire autour de la réforme des retraites. Pour l’éditocratie, dans les deux cas, il s’agissait d’abord et avant tout de mettre sur le devant de la scène une figure « d’autorité » à même de disqualifier une gauche « non désirable ».
POURSUIVRE LA LECTURE :


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)
/https%3A%2F%2Fwww.acrimed.org%2FIMG%2Fpng%2Fcazeneuve_a_la_tele_acrimed.png)