À PROPOS DE LA STRATÉGIE DE L’INTERSYNDICALE – Un entretien avec Alexis Antonioli, secrétaire CGT de la raffinerie Total Normandie
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« L’intersyndicale refuse de tirer les bilans d’une stratégie qui s’est avérée perdante » Alexis, raffineur
Alors que les grèves pour les salaires fleurissent et que la répression contre les grévistes s'accentue, Alexis Antonioli, secrétaire CGT de la raffinerie Total Normandie revient sur le mouvement contre la réforme des retraites.
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Révolution Permanente : Dès le début du mouvement contre la réforme des retraites les raffineurs ont proposé un plan de bataille de 24h-48h-96h. Finalement, vous vous êtes inscrits dans l’appel à la reconductible dès le 7 mars, et le 16 mars vous avez voté l’arrêt des installations. En six mois, les raffineurs de Normandie auront donc arrêté deux fois leur raffinerie. Comment expliques-tu autant de radicalité, alors qu’il y avait chez beaucoup la peur de lancer une grève par procuration ?
Alexis Antonioli : D’abord il y’a un niveau de conscience d’une partie de nos salariés qui est vraiment élevé, on a toujours été présents sur ces luttes nationales. Il y a une culture de lutte à la raffinerie de Normandie mais surtout un attachement profond à notre régime de retraites. Il y a surtout sur l’âge de départ à la retraite qui nous concerne puisque pour les raffineurs et les pétrochimistes c’est sept à neuf ans d’espérance de vie en moins que le reste de la population à cause de l’exposition aux produits chimiques, de notre rythme de travail en 3/8 etc… Donc nous dire qu’on fera deux ans de plus c’est difficile, on a beaucoup de collègues qui décèdent avant l’âge de la retraite ou peu de temps après.
Mais c’est aussi une question de choix de société dans laquelle on veut vivre. On a fait tout un travail militant pour démontrer l’imposture du gouvernement sur son postulat de départ qui affirme qu’il manquerait de l’argent dans les caisses de retraites alors que ce n’est pas le cas. Il y a tout ce qu’il faut : le gouvernement a mis comme préalable de ne pas augmenter les cotisations patronales, pourtant c’est bien là qu’il y a de l’argent. C’est pour tout ça qu’un partie des salariés a décidé de mener cette bataille le plus loin possible.
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