Le socialisme et le négatif – DÉPASSER LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE - Par Gilles QUESTIAUX [7/12]
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7/ Le socialisme et le négatif
Il va de soi que la critique du socialisme réel et de sa pratique politique ne peut aboutir qu’à une condamnation sans appel si on part du point de vue que l’État de droit bourgeois qui règne actuellement est un idéal absolu, et si l'on prend au sérieux les slogans roublards qui le définissent comme « le plus mauvais système à l’exclusion de tous les autres », comme la « société ouverte » (il est vraie assiégée d’ennemis, on se demande bien pourquoi). Mais contrairement au capitalisme le socialisme réel a eu du mal à traiter le négatif sous ses formes diverses.
N’importe quel négatif n’aurait pas l’affaire pour immuniser le socialisme contre la sclérose : L’église catholique et la petite propriété paysanne, en Pologne, ne pouvaient pas jouer ce rôle. Quant aux médias privés, depuis toujours alignés sur la classe dominante, et qui ont perdu rapidement toute déontologie, leur plate servilité devant les puissances d'argent les disqualifie pour le rôle. Sans doute pourra-t-on dire à la rigueur que le jour où une presse satirique prolétarienne plus mordante que le « Krokodil » soviétique taillerait avec insolence le portrait des grands dirigeants du prolétariat, le socialisme aurait triomphé. La satire par voie de presse est en quelque sorte un indicateur du degré de liberté politique dans une société donnée, mais comme le montre immédiatement la lecture de cette presse, elle n’a pas créé cette liberté dont elle jouit, elle l’exploite comme un filon. La liberté de la presse s'use quand on fait semblant de s'en servir. La presse satirique n’a strictement aucun potentiel révolutionnaire (ni même libertaire). Elle offre un exutoire au ressentiment. Elle est le signe de la bonne santé de l’ordre bourgeois. Elle sert de boite aux lettres aux dénonciations anonymes. Et dans l’état actuel des choses, la satire politique se prête, comme le reste de l’expression médiatique, à la manipulation vénale, quand elle ne fait pas spontanément le « bruit médiatique » c’est-à-dire la publicité des politiciens qu’elle déchire avec ses ongles de papier.
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