Retour de DAMAS : brèves de voyage - Par Michel RAIMBAUD
/image%2F1449569%2F20230611%2Fob_b9b70f_syrie-carte-1.jpg)
Michel Raimbaud est essayiste, politologue, conférencier en relations internationales, ancien ambassadeur de France au Soudan, en Mauritanie et au Zimbabwe, directeur honoraire de l’OFPRA Auteur de nombreux articles et ouvrages de géopolitique, dont Le Soudan dans tous ses états, Tempête sur le grand Moyen-Orient, Les guerres de Syrie.
Dans un passé mi-proche mi-lointain que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître, quand l’État profond n’était encore qu’un cauchemar américain (tel que décrit par Ike Eisenhower ou John Kennedy) et notre mainstream un simple rêve d’apprenti sorcier, on accordait du crédit aux « grands reporters » ou autres témoins de choc. La formule magique « Selon un voyageur revenant de Bagdad » clouait le bec aux sceptiques professionnels ou aux ancêtres des « chiens de garde » d’une doxa balbutiante… Ces temps sont révolus : les millions de morts, d’estropiés, de victimes des innombrables guerres de l’Axe du Bien dans des dizaines de pays, les millions de réfugiés ou déplacés jetés sur les routes ou les mers, ne suffisent plus pour réveiller la conscience ou ébranler la bonne conscience des myriades d’affidés ou d’affinitaires qui ont choisi de servir inconditionnellement les thèses de l’Occident dans toutes ses pompes et ses œuvres…
Votre serviteur ne revient pas de Bagdad, mais de Damas. J’entends d’ici d’indécrottables sceptiques, des « esprits forts » claironner : « Oui, mais la Syrie ce n’est pas pareil, c’est Bachar… ». Que l’on se rassure, le propos n’est pas ici de les convaincre, puisque l’on peut vivre ou mourir conscient ou idiot : à chacun de se faire une opinion. On rappellera seulement que la Syrie a dû faire face à deux guerres successives :
Frappée en mars 2011 par la pandémie « révolutionnaire » des printemps arabes, elle a connu d’abord, durant plus de sept ans (jusqu’à l’automne 2018) les horreurs d’une guerre d’agression non déclarée, orchestrée par les trois Occidentaux membres permanents du Conseil de Sécurité, appuyée sur une coalition flottante dite « des amis de la Syrie » (120 membres en décembre 2011, une douzaine en avril 2012). Une alliance inavouée mais assumée avec les islamistes a vite généré un flot hétéroclite de 400 000 djihadistes accourus des quatre points cardinaux pour participer à ce crime par excellence » (selon les termes du tribunal de Nuremberg), donnant à la sale guerre d’agression une teinture de « guerre sainte ». Sainte mais sadique, puisque les sanctions euro-américaines illégales commenceront à pleuvoir dès le printemps 2011, par tombereaux entiers, avec une maniaquerie farfelue qui en dit long sur le niveau intellectuel des concepteurs du dispositif.
POURSUIVRE LA LECTURE :


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)
/https%3A%2F%2Fwww.mondialisation.ca%2Fwp-content%2Fuploads%2F2023%2F06%2FCapture-decran-le-2023-06-09-a-11.51.22.png)