Bruno DRWESKI : « Prigojine voulait sauver son entreprise, WAGNER n’a pas tenté un coup d’État »
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Samedi 24 juin 2023 au petit matin, Evgueni Prigojine, le chef de la milice privée Wagner annonçait avoir quitté le champ de bataille ukrainien pour rentrer en Russie et faire tomber le commandement militaire. Le même jour en début de soirée, après avoir été accusé de trahison par Vladimir Poutine, le milliardaire sortait le drapeau blanc. Prigojine ordonnait à ses troupes de retourner dans leurs campements et se voyait offrir une porte de sortie en Biélorussie. Retombée comme un soufflé, la rébellion de Wagner aura fait couler beaucoup d’encre en vingt-quatre heures. Certains y ont vu une tentative de coup d’État mettant en lumière les faiblesses d’un pouvoir russe présenté jusque-là comme inébranlable. D’autres ont interprété cette « mutinerie express » comme une mise scène orchestrée par Poutine pour avancer ses pièces sur l’échiquier. Comment expliquer le coup d’éclat de Prigojine ? Quelles conséquences sur le pouvoir russe et la guerre en Ukraine ?
Historien, politologue et maître de conférence à l’Institut National des Langues et Civilisations orientales, Bruno Drweski analyse l’épisode Wagner, ses causes et ses répercussions.
Comment expliquer cette rébellion du groupe Wagner, si c’en était bien une?
Effectivement, les événements du week-end en ont surpris plus d’un. Moi y compris. Je ne pensais pas que cette histoire serait réglée si vite. J’imaginais qu’elle durerait au moins une semaine ! Il y a eu plusieurs interprétations. Certains y ont vu dès le départ une espèce de théâtre arrangé entre Prigojine et Poutine. Cette théorie me paraît osée, mais elle court dans certains milieux.
Il faut rappeler avant tout que Prigojine est un homme d’affaires, c’est un mercenaire. Et par principe, un mercenaire fait la guerre pour l’argent, pas par idéal. Cela n’exclut pas que dans les rangs de Wagner, des gens pensent se battre pour la « Sainte Russie » ou d’autres slogans idéalistes. Mais Wagner répond à une logique d’entreprise. Or, cette logique a fonctionné tant bien que mal jusqu’à la bataille de Bakhmut/ Artemovsk. Ensuite, du point de vue de l’État-major de l’armée russe et du ministre Choïgou, Wagner est devenue relativement inutile. Il leur fallait donc normaliser les choses et intégrer toutes les milices privées – pas seulement Wagner – au sein de l’armée.
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