Pourquoi le conflit ukrainien signera la fin de l’OTAN… et de Biden
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« Keep the Russians out, the Americans in, and the Germans down ». Les Russes dehors, les Américains dedans et l’Allemagne sous tutelle. Son premier secrétaire général, Lord Ismay, avait révélé toute l’utilité de l’OTAN lors de sa création. Un instrument de domination de Washington sur l’Europe. Mais les rivalités inter-impérialistes sont restées. Et le déclin économique ainsi que les échecs militaires des États-Unis ont fissuré l’alliance atlantique. Avec sa guerre par procuration contre la Russie sur le sol ukrainien, Biden espérait revenir aux fondamentaux avant d’embarquer l’Europe vers le plat de résistance : la Chine. La stratégie ne s’est pas avérée payante. Le dernier sommet de l’OTAN à Vilnius témoigne de cet échec.
Analyse.
La guerre par procuration contre la Russie est la pièce maîtresse de la politique étrangère de Joe Biden. Cette politique consiste à unir les « démocraties » du monde contre les « autocraties », en particulier la Chine et la Russie. Il ne cesse de se vanter d’avoir uni les alliés des États-Unis, la plupart au sein de l’OTAN, comme jamais auparavant. Même si l’unité réelle est tout au plus ponctuelle, la rhétorique semblait fonctionner, jusqu’à récemment. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Lors du récent sommet de Vilnius, la désunion de l’OTAN a éclaté au grand jour, mais pas pour les raisons les plus souvent évoquées dans la presse. Les vraies raisons sont enracinées dans des développements qui menacent de dissoudre non seulement la stratégie de Biden, mais aussi l’OTAN.
Les tensions discordantes ont été amplement discutées au cours de la période précédant le sommet. Tout d’abord, les membres n’ont pas pu se mettre d’accord sur un successeur à Jens Stoltenberg. Ensuite, les dirigeants de l’Australie, du Japon, de la Nouvelle-Zélande et de la Corée du Sud assistaient au sommet pour la deuxième année consécutive. Et le communiqué final réitérait les préoccupations de l’OTAN concernant « les défis systémiques posés par la Chine à la sécurité euro-atlantique » et son engagement à « renforcer […] la prise de conscience commune, à améliorer la résilience et la préparation, à se protéger des tactiques coercitives de la RPC et des efforts visant à diviser l’Alliance. » Mais le président Macron a pris la tête d’une opposition (non négligeable) à un bureau à Tokyo et à une présence permanente de l’OTAN dans la région de l’Asie de l’Est. De plus, bien que l’adhésion de la Finlande ait été approuvée, le président Erdoğan s’est opposé à l’adhésion de la Suède jusqu’à ce que Biden lui propose non seulement des F-16, mais aussi un prêt du FMI octroyé depuis l’Air Force One.
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