Quand la marmite explose... -Par Jean LÉVY
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En France, la marmite explose. Tous les médias vous en montrent les effets : quartiers dévastés dans nombre de nos cités : boutiques pillées, bâtiments publics vandalisés, centres culturels et écoles brûlés.
Jusqu'aux symboles de la solidarité détruits...
Ces troubles interviennent au lendemain de mort d'un jeune tué par un policier pour « refus d'obtempérer ».
La vision de ces violences qui déferlent sur le pays suscite colère et indignation : et en plus, on nous dit que ce sont de tous jeunes gens, des adolescents qui sont coupables de ces forfaits.
Déjà en 2005, des semaines durant la banlieue s'était soulevée à l'annonce du décès de deux jeunes qui fuyaient la police. Le bilan était déjà lourd de feux allumés et d'autos incendiées qui, des semaines durant, jonchaient les « quartiers » ...
Mais comme seuls ceux-ci étaient concernés, la chose fut présentée comme liée aux "territoires", au chômage de masse et aux conditions de vie de leurs habitants qui s'y trouvaient parqués, comme dans un ghetto de jeunes minés par la pauvreté.
Les années ont passé, sauf la colère rentrée. L'Islam et le djihad ont un temps occupé les jeunes gens comme dérivatif à leur misère.
Cette fois-ci, tout a changé.
Les violences se sont généralisées hors des quartiers.
Dans toutes nos provinces, au-delà des grandes agglomérations, dans les plus petits bourgs, enviés d'ordinaire pour leur douceur de vivre, les jeunes ont déferlés, visant la Mairie, les locaux de police, les marchés, symboles des autorités et du commerce réservé aux gens sans problème...
Une colère dévastatrice s'est emparé des jeunes sans avenir et « sans rien ». Et ce n'est pas seulement l'emploi qui manque qui les fait agir : ceux qui sont les plus résolus n'ont pas l'âge de voter. I
Ils sont encore, en principe, collégiens !
C'est donc autre chose qui les fait agir : ils se sentent privés d'avenir, hors d'une société faite pour ceux qui peuvent réussir et gagner de l'argent.
Cette explosion est une insurrection contre un monde d'où ils se sentent exclu. Elle ressemble aux grandes irruptions populaires, dont notre histoire est pleine, d'une couche de la population qui se sent, frustrée, dominée et dont la violence - et parfois la cruauté - répond à tant d'années d'humiliation collective qui se met à bouillir un jour, par hasard et s'en prend à tous les symboles de leur frustration.
Cette dramatique situation est aussi le fait de la grande absence depuis quatre décennies des forces de la contestation politique et syndicale.
Dans les quartiers, dans les cités, où est le PC ? Où est la CGT ?
Si leurs militants avaient été présents sur place, actifs au sein de la population, expliquant la vraie nature de leurs problèmes, les organisant pour défendre leurs droits, quelle que soit leur origine, inclure les quartiers et les cités dans le monde ouvrier, et surtout dire et répéter qu'un autre monde de justice et de liberté est possible et qu'il faut, ensemble, lutter pour le gagner, rien de ces violences ne seraient arrivées.
Mais la grande bourgeoisie et les financiers veillaient à ce que cela n'arrive jamais. Ils ont préféré laisser un monde parallèle s'imposer, loin des luttes ouvrières, menaçant parfois l'ordre public, mais les riches ont leur police pour se protéger...
JEAN LÉVY


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