L'élargissement des BRICS, l'aube d'un nouveau monde ?
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Par Alessandro VISALLI
Alessandro Visalli, architecte et docteur en aménagement du territoire, travaille depuis de nombreuses années dans le domaine des sciences du territoire et de l'environnement. Depuis 2013, il développe une lecture pluridisciplinaire de la crise avec une orientation marxiste. Il a étudié l'école de la dépendance et la théorie du système mondial, et a écrit des livres à ce sujet. Ses derniers ouvrages (non encore traduits en français) sont Dipendenza. Capitalismo e transizione multipolare [Dépendance. Capitalisme et transition multipolaire] et Classe e partito. Ridare corpo al fantasma del collettivo [Classe et parti. Recomposer le fantôme du collectif]
Ce qui s’est manifesté à Joannesburg apparaît comme un tournant similaire à celui des années 1970 [1]. Avec l’entrée dans les Brics à partir de janvier 2024, se complète le passage de l’Arabie saoudite à de nouvelles alliances, prélude à la fermeture annoncée des bases américaines (en juin annoncée par Mohammed ben Salmane [2]) et à la consolidation des transactions dans d’autres monnaies du pétrole. Aux côtés du géant arabe, d’autres acteurs majeurs comme l’Égypte, les Émirats arabes et l’Iran, et en Amérique du Sud, l’Argentine. Enfin, l’Éthiopie [3], symboliquement importante.
Il est impossible de sous-estimer l’événement, même s’il était attendu (ce qui explique les efforts déployés pour exclure Poutine en l’incriminant [4]) : parmi les choses les plus importantes, c’est que l’Occident collectif (et en particulier l’Europe) perd toute influence résiduelle sur l’OPEP+[5] et donc sur la géopolitique de l’énergie, attendons-nous à du pétrole à plusieurs euros et de l’énergie à des valeurs durablement élevées (bonne paix à ceux qui s’attardent contre un changement climatique " inventé ", sans comprendre qu’il s’agit littéralement d’une question de survie et pas seulement de la planète [6]) ; en Afrique, à ce stade, nous avons, du Nord au Sud, toutes les grandes puissances alignées contre l’Occident impérial [7], ou au moins capables de revendiquer une plus grande indépendance à son égard, personne ne peut imaginer aller militairement en Afrique contre l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud réunies, ou au Moyen-Orient contre l’Arabie Saoudite, l’Iran, les Émirats, et leurs alliés (sans considérer que la Turquie s’est également portée candidate) ; deux géants ordonnés comme l’Arabie saoudite et l’Iran (un chef-d’œuvre de la diplomatie chinoise) sont soudés, et avec l’Égypte et les Émirats, ils deviennent le pôle inattaquable de la région ; dans l’arrière-cour des États-Unis, le Brésil et l’Argentine sont soudés, et le centre du sous-continent a pratiquement changé d’emplacement. Le Mexique, la Bolivie, le Honduras et le Venezuela se sont portés candidats. En Extrême-Orient, aux côtés des deux géants que sont la Chine et l’Inde, les membres historiques que sont le Bangladesh, l’Indonésie, le Kazakhstan, la Thaïlande et le Viêt Nam ont posé leur candidature. D’autres, comme le Pakistan, suivront.
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