RENCONTRE avec Olivier MATEU, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône de la CGT
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Olivier Mateu :
« Il faut apporter une réponse de masse »
C’est de longue date que nous suivons la question syndicale. En 2016, Philippe Martinez, alors secrétaire général de la CGT, déplorait qu’« il n’y a jamais eu autant de syndicats et jamais eu aussi peu de syndiqués » et nous rappelait le « besoin d’un syndicalisme plus fort ». Sept ans plus tard, la mobilisation contre la réforme des retraites, ses millions de manifestants et son intersyndicale soudée auraient pu marquer une avancée majeure. Le codélégué général de l’Union syndicale Solidaires Simon Duteil affirmait d’ailleurs pendant le mouvement que « le syndicalisme [allait] sortir renforcé de cette séquence ». Au même moment, nous rencontrions le secrétaire de l’Union départementale des Bouches-du-Rhône de la CGT Olivier Mateu. Celui qui incarne une ligne marxiste-léniniste au sein de son organisation a été l’une des figures de la mobilisation — « il faut partir au combat » martelait-t-il. En mars dernier, sa candidature à la tête de la centrale a échoué à l’emporter face à celle de Sophie Binet, que nous rencontrerons sous peu. Il faut dire que les points de tension entre Olivier Mateu et les autres courants qui animent la CGT sont nombreux, notamment quant à la prise en compte des revendications féministes et à l’affiliation de son Union départementale à la très controversée Fédération syndicale mondiale (FSM) — au point de susciter réactions et débats au sein même de notre rédaction. Nous en avons longuement discuté avec l’intéressé, qui invite à « ramener tous ceux qui ne votent plus, ne se syndiquent plus, dans la chose collective ».
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Vous venez d’une famille de gauche, dont l’engagement remonte à vos grands-parents. Comment vous définiriez-vous, politiquement ?
Mon grand-père était adhérent des Jeunesses communistes, c’est vrai. À 16 ans, pendant la Révolution espagnole, il n’a pas pu intégrer les Brigades internationales parce qu’il n’avait pas encore 21 ans. Il a tout de même passé la frontière dans un train de marchandises. Il est descendu et il est tombé sur les anarchistes. Ils lui ont dit : « Eh ! Manuel ! Tiens, la pistola, va te battre ! » Il y est allé et en est revenu anarchiste. Son fils, lui, a été secrétaire de la section du Parti communiste de Port-de-Bouc, membre du secrétariat fédéral. Je suis né et j’ai grandi là-dedans. Mais je ne suis pas communiste parce qu’eux l’ont été. Je suis communiste parce que, sincèrement, je m’éclate à l’être ! Je ne vois aucun intérêt à être autrement. Ça ne veut pas dire que je ne m’intéresse pas à d’autres philosophies ou courants politiques, ou que je ne tolère pas ceux qui ne sont pas communistes — et ils sont bien plus nombreux que nous… ou alors ils sont communistes sans le savoir ! (rires)
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