VENEZUELA : gauches du Sud contre « gauche » française
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Par Thierry Deronne,
Caracas, le 11 août 2024
Depuis les Lettres Persanes, l’usage de pays lointains pour régler des comptes franco-français est devenu une tradition. Le passage du politique sous commande médiatique a creusé l’abîme entre le réel et son image. C’est le cas du texte cosigné par le Parti Socialiste, le NPA (« trotskiste ») et autres mouvements de « gauche » pour dénoncer la « répression au Venezuela ».
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Ce texte (qui n’a été signé ni par la France Insoumise ni par le Parti Communiste Français) procède d’une inversion accusatoire devenue classique en ce qui concerne la nation caraïbe. Face à l’énième tentative de coup d’État d’une extrême droite formée, armée et financée à la fois par les États-Unis, le paramilitarisme colombien et Israël (1), la démocratie vénézuélienne n’a pourtant fait que ce qu’ont fait les gouvernements des États-Unis, de Bolivie, du Brésil ou du Royaume-Uni : appliquer la loi, en arrêtant les auteurs de violences. Comme l’ont été les trumpistes qui ont pris d’assaut le Capitole au moment de la victoire de Biden en 2021, des phalanges racistes du putsch sanglant contre la victoire d’Evo Morales en 2019, des bolsonaristes qui détruisirent le palais présidentiel à Brasilia après la victoire de Lula en 2023, ou des émeutiers d’extrême droite qui ont rallumé la violence raciste dans le Royaume-Uni du gouvernement travailliste. « Si vous provoquez des troubles violents dans nos rues ou en ligne, vous devrez faire face à la pleine force de la loi » a déclaré le Premier ministre anglais, Keir Starmer (2). Mais sans doute les auteurs de ce communiqué préfèrent-ils que la loi ne s’applique pas au Venezuela, et que ces violences, à chaque fois relookées par les grands médias en « révoltes populaires », se déploient en toute impunité, et avec elles les assassinats de chavistes (comme les deux femmes leaders communautaires exécutées par des commandos d’extrême droite). Tout ce qui s’est passé ces derniers jours au Venezuela – notamment le forcing des médias, de Musk et des USA pour faire croire à une victoire de l’extrême droitier Gonzalez -, était prévu. Je l’avais expliqué ici dès le mois de juin : « Comment les médias français préparent les violences d’extrême droite au Venezuela » (3)
POURSUIVRE LA LECTURE :
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Venezuela : gauches du Sud contre " gauche " française.
https://venezuelainfos.wordpress.com/2024/08/11/venezuela-gauches-du-sud-contre-gauche-francaise/
VOIR ÉGALEMENT LA DÉCLARATION DU PCF CI-DESSOUS :
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Le Parti communiste français (PCF) exprime sa préoccupation quant à la dégradation rapide de la situation au Venezuela, suite au scrutin présidentiel du 28 juillet dernier. La publication de résultats officiels sont fortement contestés. Elle a plongé le pays dans une situation de crise politique aiguë.
Face à la montée des tensions, le PCF exprime son inquiétude et appelle au respect des droits humains et des libertés fondamentales de l'ensemble de la population vénézuélienne, y compris du droit à la mobilisation sociale et à manifester pacifiquement .Il condamne toute menace et atteinte à ceux-ci. La répression menée par les autorités, incluant l'annonce de l'arrestation de plus de 2000 manifestants et la construction de deux nouvelles prisons, est intolérable. Le droit des Vénézuéliens de choisir souverainement leurs dirigeants et de protester sans être criminalisés par le gouvernement doit être garanti.
Le PCF condamne aussi la stratégie insurrectionnelle et extra-institutionnelle menée de longue date par une partie de l'opposition de droite, en particulier les appels récents à une action militaire.
Comme l'ont exprimé conjointement les gouvernements du Brésil, de la Colombie et du Mexique, la solution à cette crise ne peut passer que par la voie institutionnelle et le respect de la souveraineté populaire. Face aux risques d'ingérence extérieure, nous soutenons donc la demande de publication de l'ensemble des résultats par le Conseil national électoral, ventilés par bureau de vote, et leur vérification impartiale par un audit citoyen, public et pluraliste.
L'expression libre de la volonté démocratique du peuple ne peut s'exercer pleinement sous la contrainte et les menaces. C'est pourquoi il est indispensable de lever immédiatement les mesures coercitives unilatérales imposées au Venezuela, notamment par les États-Unis et l'Union européenne, en violation du droit international et qui continuent de provoquer d'immenses souffrances au peuple vénézuélien et des dommages profonds à l’économie du pays.
L'avenir du Venezuela appartient aux seuls Vénézuéliens s'exprimant librement et souverainement.
Paris, le 9 août 2024.
Parti communiste français.