ACCORD sur un futur « État de la Nouvelle-Calédonie » : un chemin vers l’indépendance ?
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Kanaky : Le chemin vers l'indépendance ne passe pas par Bougival mais par l'action du peuple Kanak!
Le 12 juillet, à Bougival (Yvelines), un accord sur le futur « Etat de la Nouvelle-Calédonie », a été conclu entre le ministre des outre-mer, Valls, et les six délégations indépendantistes et non indépendantistes du territoire qui y ont participé. Cet accord a été qualifié d’« historique » par Macron, les participants et des membres du gouvernement. Le texte adopté se prononce pour la création d’un « État de Nouvelle-Calédonie », ce qui semble satisfaire les délégations indépendantistes. L'accord précise cependant que cet État sera adossé à la Constitution française et donc à la République française. Il n'y a là rien de très nouveau puisque c'est déjà le cas pour le territoire depuis l’accord de Nouméa de 1998. L'État colonial français conservera des pouvoirs régaliens sur ce territoire. Pour être définitif l’accord devra être au préalable ratifié par référendum par la population néo-calédonienne en février 2026. Mais à aucun moment il ne reconnait le droit du peuple kanak à l’autodétermination et à fortiori à l'indépendance. Selon benjamin Morel, constitutionnaliste cité par le journal Le Monde, le statut qui pourrait être l'issue du processus déterminé par l'accord ressemble à celui d'un "protectorat". Sans vouloir comparer des situations différentes et éloignées dans le temps, l'accord qui émerge des discussions de Bougival ressemble à s'y méprendre à la solution envisagée par la France coloniale en Algérie, lorsque le général de Gaulle avança l'idée d'une Algérie algérienne associée à la France1. Cette solution vivement rejetée par le FLN qui revendiquait justement une indépendance complète, permettait aux yeux des forces du capitalisme monopoliste en France de conserver la domination sur les richesses en hydrocarbures et gaz du Sahara et un contrôle militaire sur l'Afrique du Nord.
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La Cinquième République ne restera pas le dernier empire colonial
L'annonce par Emmanuel Macron du statut de la Nouvelle-Calédonie en tant qu’État au sein de la France risque de lancer l'effet domino pour d'autres territoires français d'outre-mer, ce qui conduirait à la fin du colonialisme français, selon l'écrivain russe Sergueï Strokan.
Le président français Emmanuel Macron, qui a exprimé à plusieurs reprises ses ambitions de devenir « créateur de l’histoire mondiale », a de nouveau fait la Une. Pourtant, cette fois, il ne s’agit pas de projets visant à créer « une Europe forte » ou « la coalition des volontaires » en Ukraine pour lutter contre la Russie. Macron se manifeste désormais comme le sauveur du système colonial, qui reste un anachronisme du XXIe siècle.
Paris a annoncé la création de l’État de Nouvelle-Calédonie au sein de la France. Situé à 17 000 kilomètres de Paris sur une grande île du même nom et un archipel de l’océan Pacifique, ce territoire d’outre-mer, peuplé de moins de 300 000 habitants, a lutté pendant de nombreuses années pour son indépendance et cherché un moyen de divorcer de sa métropole. La Nouvelle-Calédonie a explosé en mai de l’année dernière lorsque des émeutes y ont éclaté : de violentes manifestations qui ont entraîné 14 morts, des centaines d’arrestations et des milliards d’euros de dégâts.
Les manifestations ont été déclenchées par un projet de loi français visant à élargir les listes électorales pour les élections locales et prévoyant de permettre de voter aux personnes vivant en Nouvelle-Calédonie depuis plus de dix ans. Les Kanaks, peuple autochtone de la Nouvelle-Calédonie, se sont opposés à ce projet de loi, craignant que l’afflux de nouveaux électeurs ne prive la population autochtone de la possibilité d’influer sur la politique locale. En fin de compte, le projet de loi controversé n’a jamais été soumis au vote au Parlement français l’automne dernier.
Et voilà que le président Macron annonce la signature d’un accord sur l’organisation institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie, censé en faire un nouvel État, mais toujours au sein de la France. « Un État de Nouvelle-Calédonie dans la République : c’est le pari de la confiance », a écrit Macron sur X.
Que signifie cette décision et que change-t-elle en pratique ?
D’une part, le changement de statut de la Nouvelle-Calédonie implique l’octroi de la double nationalité aux habitants de l’archipel et un élargissement notable de l’autonomie de ce territoire d’outre-mer. Il s’agit de transférer aux autorités locales un certain nombre de pouvoirs souverains, y compris le droit d’exercer pleinement leurs compétences dans le domaine des relations internationales, à l’exception de la défense et de la sécurité.
D’autre part, bien que le statut du territoire change et soit inscrit dans la Constitution, il n’obtiendra jamais la liberté de la France et appartiendra pour toujours à la Cinquième République.
De façon générale, les partisans de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ont réussi à faire pression sur le président Macron, le forçant à faire de sérieuses concessions dans cette guerre des nerfs de nombreuses années.
Cependant, il est naïf de croire que cette décision de Paris permettra à la France d’arrêter la roue de l’Histoire. Les manifestations s’apaiseront pour un certain temps, mais ensuite, éclateront avec une nouvelle force. Dotée d’importantes réserves de nickel et située à un carrefour stratégique de l’océan Pacifique, la Nouvelle-Calédonie ne cessera pas de songer à une pleine indépendance.
Suivant son exemple, d’autres territoires français d’outre-mer − la Polynésie française, la Guyane française, la Martinique, la Guadeloupe − emprunteront la même voie. La décision de Macron aura donc l’effet inverse. La France ne pourra pas maintenir le statut de dernier Empire colonial. La houlette parisienne au-dessus de l’océan Pacifique s’est brisée, elle ne peut être réparée. Il faudra, de toute façon, s’en débarrasser.
SOURCE : Presse internationale


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