La guerre centenaire de l’Occident contre la RUSSIE [2]
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Par Thomas Fazi
La confrontation actuelle entre l’OTAN et la Russie n’est que le dernier chapitre d’une campagne centenaire menée par l’Occident pour affaiblir, isoler et contenir la Russie.
Le «revirement» occidental contre Hitler et l’alliance avec l’Union soviétique : un cas de réalignement stratégique, et non d’éveil moral
Comme l’a montré l’article précédent, les élites politiques puissantes de Grande-Bretagne et des États-Unis ont soutenu, tout au long des années 1930, qu’Hitler pouvait être «géré» et instrumentalisé contre l’Union soviétique. Les diplomates et autres personnalités médiatiques occidentales présentaient souvent Hitler comme un «défenseur de la civilisation» face au chaos bolchevique. En ce sens, les élites occidentales n’ont pas cherché à apaiser Hitler dans les années 1930 dans le but peu judicieux d’éviter un autre conflit mondial avec l’Allemagne pour préserver la paix, comme le prétend le discours contemporain, mais parce qu’elles considéraient les nazis comme des alliés occidentaux contre un ennemi commun. À partir de 1935, de nombreuses entreprises occidentales ont par ailleurs activement soutenu le réarmement d’Hitler.
Cette politique, qui a culminé avec les accords de Munich en 1938, a donné à l’Allemagne carte blanche en Europe centrale et orientale, signifiant que tant que son agression serait dirigée vers l’est, c’est-à-dire vers l’URSS, l’Occident fermerait les yeux. Cependant, les ambitions d’Hitler ont rapidement échappé au contrôle occidental. L’occupation de la Tchécoslovaquie en 1939 a confirmé sa volonté de domination continentale, et pas seulement son anti-bolchevisme. Lorsque l’Allemagne a envahi la Pologne la même année, la Grande-Bretagne et la France n’ont eu d’autre choix que de déclarer la guerre, non pas pour défendre la démocratie, mais pour préserver leur crédibilité et protéger leurs propres intérêts géopolitiques. C’est ainsi que la Seconde Guerre mondiale a débuté en Europe.
Autrement dit, ce n’est que lorsque le pouvoir nazi a menacé l’hégémonie occidentale elle-même que la politique d’apaisement s’est effondrée. Ce «changement» n’était en rien une révélation morale, mais un réalignement stratégique : Hitler a été soutenu tant qu’on l’a considéré comme un instrument contre le communisme, mais dès qu’il est devenu un concurrent impérial autonome, l’Occident s’est retourné contre lui. Si Hitler n’avait pas surjoué son rôle, l’histoire aurait pu prendre un cours très différent : nous aurions très bien pu assister à la naissance d’un empire mondial anglo-nazi anticommuniste.
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