IRAN : informations et analyses [3]
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MANIFESTATIONS EN IRAN : entre soutien occidental et prudence régionale
Face aux évènements en Iran, le Moyen-Orient opte pour la prudence
Les manifestations en Iran suscitent des réactions contrastées entre soutien occidental et prudence régionale. Le Golfe et la Turquie redoutent davantage le chaos qu’un Iran affaibli. La crise interne fragilise la capacité de Téhéran à maintenir son influence régionale.
Alors que les manifestations continuent en Iran, les voisins de la République islamique et les grandes puissances observent attentivement la situation. Coupures d’internet, arrestations et rassemblements nocturnes traduisent la profondeur d’une contestation sociale et politique que le pouvoir peine à étouffer.
À Washington et à Tel-Aviv, le soutien aux protestataires a été rapide et assumé. Donald Trump a averti que les États-Unis pourraient intervenir si des manifestants étaient tués, tandis qu’Israël présente ces troubles comme une occasion d’affaiblir son principal adversaire régional. À Téhéran, le guide suprême Ali Khamenei a répliqué en accusant le président américain d’avoir les mains « tachées du sang des Iraniens », dénonçant une manipulation étrangère de la colère populaire.
Une région qui retient son souffle
Dans la région, la lecture est plus nuancée. Les monarchies du Golfe observent un silence calculé. Longtemps hostiles à Téhéran, elles redoutent aujourd’hui moins l’Iran que le chaos qu’un effondrement du pouvoir central pourrait provoquer. Une instabilité prolongée menacerait les marchés énergétiques, les investissements et les efforts de désescalade diplomatique engagés ces dernières années, notamment depuis le rapprochement irano-saoudien de 2023 sous médiation chinoise. Selon plusieurs analystes, les États du Golfe ne veulent pas voir l’Iran sombrer dans l’anarchie, soulignant qu’un affaiblissement contrôlé est jugé préférable à une perte totale de contrôle.
La Turquie partage ces inquiétudes, avec ses propres priorités. Voisine directe de l’Iran et partenaire économique important, Ankara craint surtout les effets de contagion, notamment dans les régions kurdes. Engagée dans un délicat processus interne et impliquée au nord de la Syrie, la Turquie souhaite éviter toute dynamique centrifuge en Iran.
Officiellement silencieuse, elle a néanmoins multiplié les signaux de rapprochement avec Téhéran, allant jusqu’à dénoncer Israël comme principale menace régionale lors d’une récente visite diplomatique, assortie d’accords économiques structurants.
À l’inverse, Israël suit les événements avec satisfaction, tout en mesurant les risques. Si l’affaiblissement de l’Iran est vu comme stratégique, une pression excessive pourrait pousser les Gardiens de la révolution à des réactions imprévisibles, sur le territoire iranien ou via leurs alliés régionaux. Car au-delà de Téhéran, c’est l’ensemble de « l’axe de la résistance », du Hezbollah aux Houthis, qui pourrait vaciller.
SOURCE : Presse internationale
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Tentative de déstabilisation étrangère de l'Iran : la mise en garde de Moscou
Moscou met en garde contre une nouvelle agression militaire en Iran et dénonce l’ingérence étrangère
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a condamné les tentatives de déstabilisation étrangère de l'Iran. Elle a averti Washington que toute tentative de frapper le terrioire iranien aurait des «conséquences désastreuses» pour la sécurité internationale, tout en réaffirmant le soutien de Moscou à Téhéran.
La Russie condamne fermement toute ingérence étrangère dans les processus politiques internes de l'Iran, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, le 13 janvier. Elle a qualifié d'inacceptables les menaces de Washington de lancer de nouvelles frappes militaires sur le territoire iranien.
« Ceux qui envisagent d’exploiter les troubles provoqués de l’étranger pour servir de prétexte à une réitération de l’agression commise contre l’Iran en juin 2025 doivent prendre la pleine mesure des conséquences désastreuses de ces actes pour la situation au Proche et au Moyen-Orient, ainsi que pour la sécurité internationale dans son ensemble. De même, nous rejetons fermement les tentatives éhontées de faire chanter les partenaires de l’Iran par la hausse des droits de douane », a-t-elle souligné.
Selon la porte-parole de la diplomatie russe, les sanctions illégales imposées par l'Occident à l'Iran depuis de nombreuses années entravent le développement du pays, et les forces extérieures hostiles à l'Iran tentent d'utiliser les tensions sociales croissantes pour déstabiliser et détruire le pays en recourant à des méthodes de « révolutions colorées ».
Les manifestations pro-gouvernementales démontrent l'échec des plans visant à déstabiliser l'Iran
Néanmoins, l'évolution de la situation politique interne en Iran, ainsi que le recul des manifestations observé ces derniers jours, permettent d'espérer une stabilisation progressive de la situation, a souligné Zakharova. « Les manifestations de milliers d’Iraniens en soutien à la souveraineté de la République islamique assurent l’échec des complots de ceux qui ne peuvent tolérer l’existence sur la scène internationale d’États capables de mener une politique étrangère indépendante et de choisir leurs amis par eux-mêmes », a-t-elle ajouté.
Peu avant les déclarations de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères le président américain Donald Trump a lancé des appels aux « patriotes iraniens » sur Truth Social : « PERSISTEZ DANS VOTRE LUTTE — PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!! Gardez les noms des meurtriers et des agresseurs. Ils paieront cher. J'ai annulé toutes les réunions avec les responsables iraniens jusqu'à ce que les massacres gratuits de manifestants CESSENT. LES RENFORTS ARRIVENT ».
Les manifestations en Iran ont commencé à la fin du mois de décembre dernier en raison du mécontentement face à la situation économique du pays. Elles ont d'abord éclaté près de deux grands marchés du centre de Téhéran, avec la participation de commerçants et d'étudiants. En quelques jours, les slogans sont devenus plus radicaux et les manifestations ont dégénéré en émeutes qui ont gagné tout le pays.
Les autorités iraniennes ont ensuite accusé les États-Unis et Israël d'ingérence directe. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que des groupes armés avaient infiltré des rassemblements afin de provoquer le chaos, en visant aussi bien les forces de l'ordre que des civils. Il a également affirmé que Téhéran disposait de nombreux documents et enregistrements vocaux démontrant une coordination depuis l’étranger, qui disent notamment : « S’il y a la police, tirez sur la police, sinon frappez les civils. Le but est d’avoir plus de victimes ».
SOURCE : Presse internationale
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Trump temporise sur l'Iran, mais le doute persiste
Trump a affirmé que les «tueries ont pris fin» et que les exécutions de manifestants en Iran ne seraient pas menées. Il a lié ces informations à des sources non précisées, sans exclure une intervention militaire future. Cette stratégie pourrait combiner temporisation diplomatique et maintien de l’option militaire, face à une situation volatile.
Dans la nuit du 14 au 15 janvier, le président américain Donald Trump a affirmé que « les tueries ont pris fin » en Iran et que, selon des « sources très importantes de l’autre côté », les exécutions de manifestants n’auraient finalement pas lieu, une déclaration faite depuis la Maison Blanche, sans que le locataire du Bureau ovale ne précise l’origine exacte de ces informations ni leur vérification indépendante.
Trump a déclaré : « On nous dit que les tueries en Iran prennent fin […] et aucune exécution n’est prévue », tout en soulignant qu’il tiendrait la situation « sous observation », sans exclure une action militaire future. Ces propos interviennent dans un contexte de tensions extrêmes, alors que l’Iran est secoué par des manifestations massives depuis fin décembre.
Poker menteur de Trump
Cette rhétorique pourrait autant refléter une volonté de temporiser qu’une stratégie de bluff diplomatique ou militaire. D’un côté, Trump et son équipe de sécurité nationale, incluant le secrétaire d’État Marco Rubio et le vice-président J.D. Vance ont discuté de diverses options, allant de la diplomatie à des frappes militaires directes, montrant que l’option de la force n’est pas formellement exclue.
De l’autre, l’absence de détails sur les sources et leurs motivations laisse planer un doute : ces assurances pourraient être un moyen pour Washington de réduire les pressions immédiates sur une possible intervention, tout en gardant ses options ouvertes.
Le fait que l’Iran lui-même, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, nie toute intention d’exécutions et affirme contrôler la situation suggère que des contacts indirects et des jeux diplomatiques ont pu influencer le discours de Trump, même si des analystes estiment que ces déclarations servent aussi à déplacer l’attention vers une « désescalade apparente », sans garantir de changement de cap.
Malgré cette déclaration optimiste, les risques d’escalade subsistent : des évacuations de personnel américain dans le Golfe et des avertissements répétés d’une riposte iranienne en cas de frappe externe montrent que la tension reste élevée. Les observateurs internationaux restent donc sceptiques : il pourrait s’agir d’une tempête médiatique calculée, destinée à dissiper les craintes immédiates tout en maintenant une pression stratégique maximale sur Téhéran.
SOURCE : Presse internationale
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Menaces d’escalade : le spectre d’une intervention américaine en Iran inquiète le Moyen-Orient
Alors que Washington ajuste son dispositif militaire dans le Golfe et que Téhéran agite la menace de représailles, les pays de la région et la Turquie multiplient les appels à la désescalade, redoutant un conflit aux conséquences régionales majeures.
« L’aide est en route », a écrit le président Donald Trump sur Truth Social, un message perçu à Téhéran comme une incitation explicite au renversement du gouvernement. Si la nature exacte d’une éventuelle frappe reste floue, cette rhétorique suffit à faire monter la tension dans une région déjà fragilisée.
Les autorités iraniennes ont averti qu’une attaque américaine entraînerait une riposte immédiate, visant notamment les bases militaires américaines disséminées dans le Golfe. Washington, qui dispose d’installations stratégiques au Qatar, à Bahreïn, en Arabie saoudite ou encore au Koweït, a commencé à réduire la présence de certains personnels à titre préventif.
La base d’Al-Udeid, au Qatar, cœur du dispositif militaire américain dans la région, est particulièrement surveillée. Parallèlement, les États-Unis et le Qatar ont annoncé le renforcement de leur coopération en matière de défense aérienne, signe d’une préparation à un scénario de confrontation.
Le Moyen-Orient mise sur la diplomatie
En coulisses, les États du Golfe tentent pourtant de freiner toute escalade. Selon plusieurs sources diplomatiques, Riyad, Mascate et Doha mettent en garde Washington contre les conséquences d’un conflit ouvert : flambée des prix du pétrole, déstabilisation économique mondiale et risques sécuritaires majeurs. Malgré leur hostilité historique envers la République islamique, ces pays redoutent qu’un effondrement brutal du gouvernement iranien ne crée un vide de pouvoir propice au chaos et à la radicalisation.
Bien qu’affaibli, l’Iran conserve des leviers d’influence régionaux. Son réseau d’alliances avec diverses milices pourrait, en cas de confrontation, contribuer à une multiplication des foyers de tension à travers le Moyen-Orient.
L’activité diplomatique régionale s’est intensifiée pour tenter d’éviter le pire. Le Qatar, Oman, les Émirats arabes unis et la Turquie multiplient les contacts avec Téhéran et, plus discrètement, avec Washington. Mais la décision américaine de geler les canaux de dialogue avec l’Iran fragilise les efforts de médiation. Dans un Moyen-Orient échaudé par des décennies de conflits, la crainte domine : qu’une nouvelle intervention militaire ne fasse basculer toute la région dans une instabilité durable.
SOURCE : Presse internationale


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