« J’étais bonne à être exploitée, rien de plus » - TÉMOIGNAGE de Mariam, travailleuse étrangère
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Arrivée d’Algérie en France à l’âge de 13 ans avec sa famille, Mariam a dû travailler pour financer ses études de médecine. Son parcours reflète celui de nombreux travailleurs étrangers : surexploitation, labyrinthe administratif, OQTF ...
Bataille administrative
J’ai commencé à travailler comme salariée à Carrefour. À l’époque, j’avais une autorisation de travail : mon titre de séjour étudiant me permettait de travailler jusqu’à 20 heures par semaine. Tous les trois mois, il fallait prendre un rendez-vous à la préfecture pour renouveler cette autorisation. Pour nous, étudiants étrangers, il est parfois plus simple de travailler sans autorisation : les démarches pour les papiers prennent un temps fou. Le nombre de rendez-vous disponibles est largement insuffisant par rapport à la demande, c’est très difficile de se faire aider par quelqu’un en chair et en os. Tout est fait pour nous décourager de faire les démarches nécessaires à l’obtention d’une autorisation de travail.
Certains rendez-vous étaient proposés en ligne à 6 heures du matin, d’autres à 17 heures, et il fallait être très réactifs pour trouver un créneau – tout en continuant à travailler et à étudier en parallèle. Le manque de places implique inévitablement toutes sortes de magouilles. Bien que ce soit illégal, il est courant de devoir acheter un rendez-vous sur Facebook à un revendeur : un rendez-vous d’autorisation de travail coûte 60 euros, et cela peut aller jusqu’à 500 euros pour obtenir un rendez-vous au sujet d’un titre de séjour ! C’est si répandu que même les responsables des entreprises connaissent le truc. Le responsable du Carrefour où je travaillais m’a lui-même conseillé d’acheter mon rendez-vous à la préfecture auprès d’une personne qu’il connaissait.
OQTF
En plus de demander des autorisations de travail, nous devons renouveler notre titre de séjour chaque année. Tous les ans, nous sommes donc menacés de ne pas obtenir notre régularisation. Les démarches pour constituer le dossier de renouvellement sont longues et très coûteuses : il est fortement conseillé d’avoir un avocat, ce qui peut coûter environ 1500 euros. Il faut y ajouter les frais de traduction par un traducteur agréé, parfois plusieurs centaines d’euros, ainsi que l’achat d’un timbre fiscal, qui s’élève à 225 euros pour un titre de séjour.
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