Face à L’EXPLOSION DES PRIX, le Gouvernement doit déclarer L’ÉTAT D’URGENCE ÉNERGÉTIQUE ! [Une tribune de Fabien Roussel]
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La guerre déclenchée par Washington et Tel-Aviv contre l’Iran n’est pas « là-bas ». Elle est déjà dans le porte-monnaie des Français.es. Elle vient s’ajouter au conflit en cours en Ukraine avec ses conséquences sur les peuples, bien au-delà des champs de bataille.
Même si la perspective d’un cessez-le-feu se concrétise, c’est déjà un tsunami budgétaire pour les ménages, mais aussi pour nos entreprises, nos collectivités et nos services publics. Notre pays fait face à un choc économique mondial.
Il faut agir, vite et fort !
Je demande au Premier ministre de décréter l’état d’urgence énergétique. Plus que jamais, il doit abandonner ses préjugés idéologiques qui nous emmènent collectivement dans le mur.
Même si la situation relative aux prix à la pompe pourrait s’améliorer dans les semaines qui viennent, nous le savons d’expérience, les baisses de prix sont toujours plus longues à se concrétiser que les hausses.
Face à la crise, il faut faire preuve d’audace et prendre des mesures exceptionnelles en bloquant les prix du carburant et en mettant à contribution l’industrie pétrolière.
Nous demandons :
- De bloquer les prix à 1,60 euro le litre pour l’essence sans plomb, à 1,50 euro pour le gazole ;
- De taxer immédiatement les bénéfices de l’industrie pétrolière, qui ont explosé, notamment dans le raffinage. Total Énergies a engrangé 65 milliards d’euros de bénéfices en 4 ans ! ;
- D’annuler l’augmentation des certificats d’économies d’énergie, décidée par le Gouvernement et effective depuis janvier 2026, qui représente jusqu’à 6 centimes par litre ;
- D’utiliser une part des réserves stratégiques pour faire baisser les prix et éviter les pénuries.
Pour redonner du pouvoir d’achat aux Français.es, redonner des marges de manœuvre aux entreprises, la bataille de l’énergie doit être menée sur tous les fronts.
Pour un juste prix, baissons tout de suite de 25 à 30% les factures d’électricité en baissant la TVA et en sortant du marché européen de l’énergie. L’Espagne et le Portugal l’ont fait ! Pourquoi la France continue-t-elle de satisfaire les oukases libéraux de Bruxelles ?
Retrouvons notre souveraineté pleine et entière sur l’énergie !
Soyons offensifs en renouant avec l’esprit d’une France qui bâtit, qui produit, qui innove, en assurant à nos concitoyens une qualité et un niveau de vie élevé tout en planifiant son économie et la transition écologique.
Aménagement du territoire, relocalisation de notre industrie, compétitivité en matière énergétique, formation, recherche… Pour relever tous ces défis, il faut arrêter de dire que nous n’avons pas d’argent, pas de richesses ou trop de dette et de fermer ainsi la porte à toute possibilité de se projeter dans l’avenir !
Soyons ambitieux et prenons le problème de l’énergie à la racine car cette question sera au centre de toutes les politiques économiques mondiales des 20 prochaines années. Certains, comme Donald Trump, mènent déjà la guerre en son nom. La guerre est désormais d’abord une guerre énergétique.
Protégeons toutes les sources d’énergie pour les mettre au service des peuples, du progrès, du climat et de la Paix.
L’énergie, aussi bien le pétrole, que l’électricité ou le gaz, n’est pas une marchandise comme les autres et encore moins un objet de spéculation. C’est un bien commun indispensable, autant pour sauver le climat que pour chauffer sa maison ou produire des biens.
Nous proposons de créer un pôle public de l’énergie, en réintégrant nos entreprises productrices et distributrices d’électricité, de gaz et de pétrole. C’est dans cet esprit que nous proposons la nationalisation de TotalEnergies.
Alors que nous fêtons cette année les 80 ans de la nationalisation des secteurs de l’électricité et du gaz, renouons avec l’ambition d’une réelle maîtrise publique de l’énergie.
De même, l’Etat doit changer de braquet pour planifier l’électrification des usages, sortir de l’ère du pétrole et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. C’est au cœur du plan Climat du PCF qui propose, entre autres :
- Un mix énergétique décarboné reposant sur deux piliers : le nucléaire et les énergies renouvelables.
- Changer d’échelle avec un programme nucléaire, en planifiant la mise en service de 20 réacteurs EPR2 et de 12 petits réacteurs modulaires d’ici 2050, tout en prolongeant la durée de vie du parc existant. Mesurons l’atout pour la France que représentent nos centrales nucléaires, première énergie décarbonée française, aux côtés des énergies renouvelables.
- Un plan de décarbonation et de relocalisation de l’industrie pour renouer avec 12% d’industrie dans notre PIB d’ici 2035. Cela nécessitera l’électrification, le recours au biogaz et à l’hydrogène.
- L’engagement d’un plan massif de rénovation thermique globale des bâtiments, visant jusqu’à 900 000 rénovations par an en 2032 avec un reste à charge nul pour les ménages les plus modestes.
- Le développement prioritaire du rail et des transports publics, grâce à un investissement supplémentaire de 10 milliards d’euros par an dans le ferroviaire et la mise en place de la gratuité des transports publics urbains.
La France peut compter sur ses millions de travailleurs formés, sur ses ingénieurs, sur ses savoir-faire et ses services publics. Construisons l’avenir avec eux et arrêtons d’opposer les énergies !
La BCE, au sein de l’Union européenne ou la Caisse des dépôts, la Banque Postale, la Banque publique d’investissement en France sont les outils de financement pour de tels projets. Nous ne sommes pas seuls en Europe à réclamer de tels engagements.
Allons-y, la liberté et l’indépendance de la France, comme de l’Union européenne, en dépendent !
Le 8 avril 2026,
Fabien Roussel
Secrétaire national du PCF
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Fabien Roussel : « La “nouvelle France” de Jean-Luc Mélenchon enferme les individus dans des déterminismes au lieu de les fédérer »
Dans une tribune au « Monde », le secrétaire national du Parti communiste français oppose à la « nouvelle France » l’idée d’une « nouvelle République » qui, en « bannissant le racisme comme l’antisémitisme, en s’attaquant aux inégalités sociales, en rassemblant les exploités de toutes origines et de tout genre » placerait l’être humain au cœur de son combat politique.
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Vu sur Facebook [G.G.G.) :
Ma France ne connaît qu’un seul peuple. Fort de son histoire, pluriel dans ses identités, il forme un seul et unique collectif politique, composé de femmes et d’hommes de toutes conditions et de toutes générations « sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Ce peuple s’est constitué comme tel à travers un projet politique commun, hérité de sa Révolution, des grandes luttes pour sa liberté et de ses grandes conquêtes sociales. Ce projet, c’est celui de la République, laïque et sociale.
C’est ce projet qui est attaqué par l’extrême droite d’abord qui, comme elle en a l’habitude mortifère, alimente les divisions des classes populaires par l’ethnicisation des rapports sociaux. Nourrissant les peurs, attisant la haine et la xénophobie, elle nie les discriminations en se prévalant indûment de la promesse républicaine.
Dans les faits, l’extrême droite l’a toujours combattue, défendant la préférence nationale pour maintenir des injustices parmi les plus insupportables et légitimer la surexploitation des travailleurs issus de l’immigration et la relégation des femmes comme citoyens de second ordre.
Une poignée de milliardaires
C’est ce projet qui est attaqué aussi par des décennies de politiques libérales qui ont appauvri la France et la très grande majorité de nos concitoyens, enrichissant au-delà de toute imagination possible une poignée de milliardaires qui ont saccagé le pays, privatisé et monopolisé ses richesses au détriment de l’égalité et donc de la possibilité même de la fraternité. Ce grand appauvrissement social, éducatif, sanitaire, industriel, démocratique qu’ils ont organisé est un venin aussi mortel pour notre République que celui de la haine et de la violence que l’extrême droite diffuse.
La fracture la plus visible se situe dans les grandes villes des banlieues de nos métropoles. Elles sont désertées par les grands services publics, connaissent des taux de pauvreté record et font face à la ségrégation organisée de leurs habitants. Leurs habitants affrontent un racisme quotidien, violent vécu comme un crachat en plein visage en particulier par une jeunesse qui dans son immense majorité aspire à vivre, à travailler à créer, à s’épanouir.
Ce projet est attaqué, enfin, de façon paradoxale par certains de ceux qui revendiquent pourtant incarner mieux que tous les autres cette République du peuple. Sur la base d’un constat des mutations profondes de la société française que chacun peut faire et que nul ne songe à nier, ils catégorisent les citoyens en fonction de leur couleur de peau, de leur religion pour en faire des objets politiques et prétendent ainsi organiser leur combat. Ils fragmentent, ce faisant, le corps social en identités concurrentes alors que tout devrait être fait pour porter, ensemble, un projet émancipateur commun.
Dans cet esprit, la « nouvelle France » portée par Jean-Luc Mélenchon enferme les individus dans des déterminismes culturels, géographiques ou générationnels au lieu de les fédérer sur la base de leurs aspirations partagées à la justice et à l’égalité. Elle organise la division et détourne les forces vives du seul enjeu décisif : celui de construire un projet collectif fondé sur des intérêts communs et de construire un large rapport de force unissant le monde du travail face au capital.
Nous libérer du capitalisme
Le peuple de France, celui que j’aime, est fier de ses luttes sociales, des congés payés, de la retraite à 60 ans, autant que de ses combats contre le colonialisme et pour la liberté des peuples. Nous avons su nous débarrasser de la monarchie, puis du nazisme. Nous devons désormais nous libérer du capitalisme pour reconstruire une France libre et indépendante.
Et nous y parviendrons en étant unis par une conscience de classe suffisamment forte pour nourrir les luttes, imposer un rapport de force contre l’oligarchie qui nous gouverne et prendre le pouvoir. Ce qui nous lie, ce n’est pas d’où nous venons, mais comment nous agissons, comment nous nous construisons, ce que nous transformons et où décidons d’aller ensemble.
La « nouvelle République » que nous devons bâtir doit permettre à chacun de se reconnaître dans une identité commune : une identité politique choisie et non assignée. C’est en faisant de l’être humain, la priorité de tous nos choix que nous construirons cette nouvelle République, bannissant le racisme comme l’antisémitisme, s’attaquant aux inégalités sociales, rassemblant les exploités de toutes origines, de tout genre, pour transformer le réel.
Oui, faisons de l’être humain le cœur de nos combats, sans autres formes de distinction. C’est en recentrant le débat sur les intérêts communs, le progrès social, l’égalité, et la solidarité qu’une nouvelle manière de « faire nation » pourra émerger.
Fabien Roussel (Secrétaire national du Parti communiste français)


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