LE PEUPLE OU LA CLASSE ? Les ambiguïtés stratégiques de la France insoumise
La France Insoumise est-elle anticapitaliste, au sens d’une sortie du capitalisme et pour la mise en place d’un autre modèle ? Si on se fie tant au programme (améliorer les choses dans le cadre de l’ordre existant) qu’à la méthode (l’élection, la manifestation pacifiste, le mouvement “gazeux”) la réponse est au fond assez simple et le dire ne constitue même pas une critique : La France Insoumise n’est pas un parti anticapitaliste mais social-démocrate au sens strict. Elle vise à l’aménagement du capitalisme français par des mesures sociales de redistribution, des dispositifs de relance keynésienne, et une plus forte place de l’Etat dans l’économie, associée à des formes de cogestion – en priorisant largement, pour se faire, l’espace des politiques publiques par la conquête des institutions via les mécanismes électoraux existants. Ce qu’elle propose a déjà de quoi largement contrarier le capital et la bourgeoisie – qui le font bruyamment savoir – mais ce n’est pas là ce qui définit l’anticapitalisme (qui, dans sa définition la plus simple, signifie l’abolition de la propriété lucrative du capital). Qu’en est-il alors de la “production théorique” de la France Insoumise, qui grossit à mesure que son think tank, l’Institut la Boétie, augmente sa production ? C’est ce que nous allons voir avec son ouvrage Nouveau Peuple Nouvelle Gauche, publié par les Editions Amsterdam et coordonné par le sociologue Julien Talpin, ainsi qu’avec divers textes écrits en réaction. Comme nous allons le voir tout laisse à penser que, là où les constats empiriques devraient être la source de la production théorique qui détermine à son tour des nécessités stratégiques et organisationnelles, la France Insoumise fait le chemin inverse, mettant la théorie et les constats empiriques au service de sa stratégie première (la victoire à l’élection présidentielle), quitte à buter sur ses contradictions.
« Peuple vs oligarchie » à la place de « classe ouvrière vs bourgeoisie » ?
La première partie de Nouveau peuple, Nouvelle Gauche est celle d’un constat : la classe laborieuse contemporaine n’aurait rien à voir avec le prolétariat du mouvement ouvrier des siècles passées. Ce constat s’accompagne d’analyses fines des nouvelles réalités du travail salarié, des dynamiques de genre et racistes, de la spatialisation du capitalisme. Toutefois cette hétérogénéité, qui serait nouvelle, justifierait de se séparer de la centralité de la classe ouvrière ou du prolétariat, au profit de nouveaux signifiants, à savoir “le peuple” ou “les classes populaires” contre, non plus la bourgeoisie ou le capitalisme, mais “l’oligarchie” et le “néolibéralisme”.
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Le peuple ou la classe ? Les ambiguïtés stratégiques de la France insoumise
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