Rachel KEKE, mutée à 40 km de chez elle, l’ex-députée LFI saisit les prud’hommes contre son employeur
Battue aux législatives anticipées, l’ex-députée insoumise Rachel Keke attaque son employeur STN pour non-respect d’un accord signé après la grève de l’Ibis Batignolles. Elle dénonce une mutation incompatible avec sa situation.
Femme de chambre devenue députée, Rachel Keke avait été, à l’été 2022, l’un des visages de la progression de la France insoumise. Elle n’aura siégé que deux ans au Palais Bourbon jusqu’aux législatives anticipées, où elle a été battue de 600 voix par l’actuel ministre LR de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun. Pour Rachel Keke, le retour à la vie civile ne se passe pas comme prévu : l’ex-parlementaire a saisi les prud’hommes contre son employeur.
La société de nettoyage STN ne respecte pas, selon nos confrères de Mediapart, un accord signé en 2021 entre ce sous-traitant du groupe Accor et les grévistes de l’Ibis Batignolles, où travaillait Rachel Keke comme gouvernante avant d’être l’une des figures de la grève historique longue de 22 mois.
L’entreprise – qui entre-temps a perdu son contrat avec le deuxième plus grand hôtel du pays – s’était alors engagée « à limiter les mutations du personnel affecté au site de Batignolles dans le seul périmètre de 15 kilomètres entre le lieu d’habitation de ces derniers et le nouveau lieu d’activité ».
« J’appelle ça de l’acharnement »
Or, STN a muté l’ancienne députée au domaine de Frémigny, à plus de 40 kilomètres de son domicile, dans la ville de Bouray-sur-Juine (Essonne) dont la gare est située à plus de trente minutes de marche. « Or, il n’existe pas de transport en commun pour effectuer ce trajet et je ne dispose pas de véhicule personnel », a fait savoir Rachel Keke aux ressources humaines.
Celle-ci devait commencer le travail le 13 février mais ne s’est pas rendue à la convocation. Deux mises en demeure de STN ont suivi, dont l’une la menaçant d’un licenciement. « J’appelle ça de l’acharnement et de la maltraitance, assure Rachel Keke auprès de Mediapart. J’ai la sensation que c’est une forme de punition pour avoir mené la grève. » Le conseil des prud’hommes a entre deux et six mois pour trancher ce litige.
SOURCE :
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