SÉCURITE SOCIALE : origines, sabotage, destruction, solutions
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I-ORIGINES
Avant le « plan complet de sécurité sociale » du CNR (Conseil National de la Résistance), de multiples caisses spéciales et régimes particuliers existaient. La volonté du CNR était d’unifier l’ensemble des régimes. C’est ce que firent les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 : « Donner à chacun en toutes circonstances les moyens d’assurer sa subsistance » (Ambroise Croizat). Il s’agissait donc d’un véritable changement de perspective, car ce nouveau régime entendait répondre à tous les besoins élémentaires de l’être humain : santé, travail, vieillesse, accidents du travail, maladies, famille. C’était donc bien un « déjà-là communiste » comme le dit Bernard Friot.
Dès sa naissance, ce nouveau régime a été attaqué par le patronat pour le dévoyer en simple filet de sécurité pour les pauvres, les riches ayant quant à eux la possibilité d’avoir recours aux assurances privées ou à des caisses spéciales, comme l’AGIRC-ARRCO, par exemple.
Il est important de rappeler les grands principes auxquels tenait le CNR et qui ont immédiatement été remis en cause par le patronat et certaines classes moyennes qui ne voulaient pas se mélanger avec les ouvriers et les autres salariés.
a- Unicité de la Sécurité Sociale, institution unique et obligatoire regroupant tous les risques (Protection sociale, maladie, vieillesse, décès, famille, accidents du travail, invalidité) ;
b- Universalité, tous les citoyens « cotisent selon leurs moyens et reçoivent selon leurs besoins » ;
c- Solidarité intergénérationnelle, chacun cotise selon ses ressources, mais est bénéficiaire des mêmes services ;
d- Financement par les cotisations sociales (patronat et salariat) avec les richesses produites par le travail, seul créateur de valeur ;
e- Gestion démocratique des Caisses, les salariés-seuls créateurs de plus-value ont 75 % des sièges dans les CA et le patronat seulement 25 %. Pour A. Croizat, « La sécurité sociale est la seule création de richesse sans le capital ». Le financement par les seules cotisations sociales et non par l’État, est une véritable révolution que patronat et réformistes de tout poil chercheront à liquider par tous les moyens.
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Sécurité Sociale : Origines et défis pour l'avenir
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