À propos de la chronique de Maryse Dumas dans le journal « l'Humanité » : LE TOURNANT – La lettre d’un militant syndicaliste et communiste
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Bonjour les amis et camarades,
Le texte de Maryse Dumas est une charge politique et idéologique très forte contre ce qu’a représenté l’émission télévisée Vive la crise !
Il s’inscrit dans une lecture militante de l’histoire sociale française celle du basculement des années 1980, lorsque la gauche gouvernementale abandonne progressivement les politiques de transformation sociale pour accompagner les logiques du marché et de la désindustrialisation.
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J’ai été de ceux qui ont critiqué la présence de 4 ministres communistes au gouvernement. Pour des militants CGT et pour beaucoup d’anciens travailleurs de la métallurgie, des mines, de la sidérurgie ou des chantiers navals, cette période reste une blessure profonde. Elle marque le début d’un sentiment d’abandon politique du monde du travail.
Avec le recul, cette position mérite d’être expliquée, sans caricature ni règlement de comptes.
Entrer dans un gouvernement dirigé par François Mitterrand à partir de 1981, au moment du tournant social puis du tournant de la rigueur, n’était pas un acte neutre. C’était accepter de participer à une gestion institutionnelle qui allait rapidement s’éloigner des espoirs de transformation profonde portés par des millions de travailleurs et de militants.
Très vite, les choix économiques imposés désindustrialisation, restructurations, austérité budgétaire ont heurté de plein fouet le monde ouvrier. Et dans ce contexte, la présence de ministres communistes posait une question centrale pouvait-on réellement infléchir ces orientations de l’intérieur, ou risquait-on au contraire d’en accompagner la mise en œuvre ?
C’est cette interrogation qui a traversé une partie du mouvement syndical et militant, et qui continue aujourd’hui encore à nourrir le débat.
Pour moi, ce n’est pas une question de personnes, ni d’engagement individuel. C’est une question de stratégie politique, de rapport de force et de cohérence avec les luttes sociales.
L’histoire a montré que le monde du travail n’a pas été épargné par ces choix. Et que beaucoup de promesses d’émancipation se sont heurtées à la logique du marché et aux contraintes européennes et financières.
Aujourd’hui, avec l’expérience, on peut en tirer une leçon simple : sans rapport de force social fort, sans mobilisation des salariés et des syndicats, la participation institutionnelle ne suffit pas à changer le cours des politiques économiques.
Ce débat reste ouvert. Et il mérite mieux que des jugements à l’emporte-pièce il mérite d’être discuté lucidement, entre militants, avec respect de nos parcours et de nos choix.
Augustin VINALS, militant syndicaliste et communiste
SOURCE : Correspondance


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