[POINT DE VUE] JEAN-LUC MÉLENCHON OU « LA RUPTURE MOLLE »
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POINT DE VUE
Jean-Luc Mélenchon ou .... « La rupture molle » ...
... mais rupture néanmoins, étape indispensable vers d'autres perspectives, démocratiques et auto-gestionnaires.
Le retour d'une conception « gaullienne » du développement des sociétés. Une vision keynésienne réactualisée.
1991 : l'échec consommé de « l'économie planifiée » façon URSS, vue comme une « économie de caserne ».
L'échec historique de l'URSS, et avec elle de « l'économie planifiée », a ouvert une autoroute au « laisser faire » des marchés. « Laisser faire » ériger en doctrine contemporaine, le « libéralisme » et le « désengagement » de l'État dans les affaires économiques et financières.
Ainsi le « politique » a consenti à perdre la main sur les « marchés », et sur le « social » au profit du « sociétal », les marchés étant sensés « s'auto-réguler ». Les conséquences on les connaît : destruction de l'Humain et de la Planète, l'accumulation des profits n'ayant plus aucune limite, en particulier celle de « l'intérêt général ».
Un naufrage général dans les « bienfaits des marchés ».
En France TOUS ont fait naufrage dans « le marché », emportés par la condamnation de la bureaucratie soviétique de la « planification ». L'Europe de Maastricht en a même créé une liturgie d'adoration du Dieu païen « concurrence ».
Les socialistes les premiers s'y sont perdus en théorisant un « social-libéralisme » - le fameux « l'État ne peut pas tout » de Lionel Jospin - mais aussi les communistes avec Robert Hue qui, non sans une certaine naïveté politique, attribuent au marché et à la libre circulation des marchandises des vertus progressistes d'émulation. Bref comme une adoration du dieu « concurrence » si cher à l'Europe de Maastricht.
Quant à la droite gaulliste et son attachement aux grandes entreprises d'État d'intérêt national, EDF, Air France, Renault, Rhône-Poulenc … elle s'effondre électoralement au profit de la droite dite orléaniste de Giscard d'Estaing et de ses héritiers, dont Emmanuel Macron. Nul n'a échappé à la séduction « des Marchés ».
Jean-Luc Mélenchon ou la « RUPTURE MOLLE » par un retour à une conception keynésienne du rôle de l'État.
En prônant un retour du « politique » sur les « marchés », Jean-Luc Mélenchon ne fait que réactualiser une vision keynésienne du développement des sociétés modernes capitalistes. Vision keynésienne fondée sur « le rôle de l'État dans la régulation des appétits de profits par la fiscalité et une politique salariale favorisant la demande par « la consommation populaire ».
Politique keynésienne qui appelle de « grands services publics », comme par exemple, « un service public de l'énergie » permettant de faire de l'énergie un produit d'intérêt général sorti de la spéculation des marchés. Ce que nous vivons aujourd'hui avec l'intervention israélo-américaine en Iran et avec la guerre en Ukraine.
Autrement dit la « rupture » préconisée par Jean-Luc Mélenchon dans le programme « l'Avenir en Commun », rupture qui effraie certains dans la forme, est UNE RUPTURE RÉELLE d'avec « la dictature des marchés », MAIS C'EST UNE « RUPTURE MOLLE » qui ne porte pas le fer dans les enjeux capitalistes au sens de la propriété des moyens de production. C'est Proudhon plutôt que Marx.
Une étape néanmoins indispensable pour ouvrir de nouvelles perspectives, notamment autogestionnaires et démocratiques.
Pour autant cette « rupture molle » du seul retour de l'État à la manière gaullienne, est une étape indispensable dans la perspective d'un nouveau développement économique de la France.
D'ailleurs ce point de vue - « La politique française ne se fait pas à la corbeille (*)» - pour ceux qui suivent les débats des élites du Capitalisme mondialisé, au forum de Davos notamment, la tendance est au « retour des Etats » porteurs, par définition, de « l'intérêt général », retour souhaité y compris du point de vue des seuls intérêts du Capital qui se sait fragilisé par la montée des inégalités et la destruction des ressources de la Planète, moteurs des luttes collectives.
(*) Il s'agit d'une citation célèbre du Général de Gaulle, prononcée le 28 octobre 1966 lors d'une conférence de presse à l'Élysée : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».
De Gaulle marquait là un clivage de principe entre l'action publique et les vicissitudes de la vie des affaires financières, affirmant ainsi la priorité des choix politiques sur les diktats boursiers.
Vu sur Facebook [Page de Claude Frico]


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