À propos d’une émission de « France Inter » sur CUBA …
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Remarques sur les médias
Chers tous,
Ce jour-là, à l'émission Le grand entretien de 8 h 20 sur France Inter, Alexis Morel animait une émission intitulée : À Cuba, "une crise énergétique devenue crise sanitaire, qui plonge le pays dans un état de délabrement sans précédent". Il questionnait trois invités : Margot François, docteure de l’Institut français de géopolitique et spécialiste de Cuba, Gaspard Estrada, politologue, membre de l'unité du Sud global à la London School of Economics, et Omar Ouahmane, reporter à la rédaction internationale de Radio France. Et les auditeurs étaient invités à intervenir, oralement ou par mail.
Remarque 1. Le titre de l'émission donnait déjà le ton du reste : la crise énergétique et sanitaire était présentée comme endogène à Cuba (imputable aux "tares" du régime communiste), comme si, depuis 1959 et la victoire de la Révolution cubaine, les États-Unis n'avaient pas manifesté une hostilité constante, acharnée, rabique contre cette même Révolution : plus de 600 tentatives d'assassinat contre Fidel Castro, tentative d'invasion de la Baie des Cochons, sabotage du navire La Coubre (100 morts), sabotage d'une avion de ligne cubain (73 morts), bombardements de l'île, épandage de produits toxiques ou de parasites pour détruire les récoltes, embargo, sanctions contre les navires, avions ou entreprises qui commercent avec Cuba, sanctions bancaires extra-territoriales, espionnage, sabotages, etc. Et ce qui est le plus surprenant est que, depuis près de 70 ans, les journalistes (et les politiques) regardent cette agression d'un œil inexpressif, comme si elle avait lieu à la périphérie d'Alpha du Centaure. Que diraient-ils si les Chinois agissaient de même à l'encontre de Taïwan ?
Remarque 2. Il serait trop long de relever toutes les expressions de Schadenfreude (de joie mauvaise) feignant de s'apitoyer sur le sort des Cubains pour mieux "enfoncer" le régime. Je relèverai juste deux expressions. Au début de l'émission, Margot François a parlé de la "capture" de Nicolas Maduro. Or, on ne "capture" pas un chef d’État légalement reconnu (et à l'égard de qui Macron avait multiplié les bassesses et les palinodies lors du sommet de la COP 27 de Charm el-Cheikh, après avoir reconnu le fantoche Juan Guaido comme président du Venezuela). Ce qu'on capture, c'est un animal sauvage qui s'est échappé ou qui baguenaude dans la nature : un ours, un tigre sorti de sa cage, un varan de Komodo. Ce terme scandaleux de "capture" a eu une récidive : lorsque, quelques minutes plus tard, Alexis Morel a parlé de "l'arrestation". Mais on n'arrête que quelqu'un qui est prévenu d'un délit ou d'un crime et que la justice a qualifié comme tel. Où est le tribunal qui, en l'occurrence, a prononcé une telle sentence ? Qu'auraient dit les journalistes si, le 24 février 2022, un commando de Spetsnaz avait sauté sur Kiev et emmené à Moscou Volodymyr Zelensky menotté et cagoulé ?
Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.
Bien à vous
Philippe ARNAUD,
Amis du Monde Diplomatique
Tours


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