ALLEMAGNE : un point de vue sur la stratégie de Sahra Wagenknecht
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Mais quelle mouche a piqué Sahra Wagenknecht et son parti ? Chronique d’une fuite en avant
Critique du « cordon sanitaire »
Dans un courrier confidentiel adressé à l’AfD et daté du 26 juin 2026, le BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht, en français Alliance Sahra Wagenknecht), fondé en 2024 par l’ex-figure de proue de Die Linke, propose au parti d’extrême droite d’engager une coopération politique en vue des élections régionales en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Révélée le 29 juin par la presse allemande, cette lettre marque une rupture avec le cordon sanitaire observé jusqu’à présent par les partis allemands à l’égard de l’AfD. Les dirigeants du BSW y qualifient ce « mur coupe-feu » (Brandmauer) de dispositif « antidémocratique ».
Retour sur l’historique d’une dérive
Pour comprendre cette surprenante démarche venant d’une formation issue de la gauche allemande, il faut revenir sur le postulat qui l’a vue naître. À partir de 2015, Sahra Wagenknecht déclenche des polémiques à répétition dans les médias par des positions controversées sur l’immigration, présentant celle-ci comme un problème majeur, à rebours de ce que défend son parti. Selon Wagenknecht, Die Linke aurait progressivement délaissé la représentation des classes populaires au profit de thèmes privilégiés par un électorat supposément urbain et diplômé. Parallèlement, l’influence de Die Linke régresse dans ses bastions historiques de l’ex-RDA, où l’AfD s’impose progressivement comme la première force politique. L’argumentaire de Sahra Wagenknecht consiste alors à affirmer que les préoccupations concernant l’immigration doivent être prises au sérieux afin de récupérer les électeurs tentés par l’AfD.
Les dissensions internes à Die Linke sont également exacerbées par les divergences en matière de politique internationale : tandis que Sahra Wagenknecht, ancienne membre de la Plateforme communiste du parti, affirme une position résolument anti-atlantiste, il est vrai qu’au sein de Die Linke le positionnement à l’égard de l’OTAN est plus ambigu. Le déclenchement de la guerre en Ukraine rend cette ligne de fracture d’autant plus visible. Dans les Länder de l’Est, où l’héritage des liens noués entre la RDA et l’Union soviétique demeure tangible, la perspective d’une confrontation militaire avec la Russie dans le contexte du soutien occidental à l’Ukraine est un sujet particulièrement sensible, notamment chez les électeurs et sympathisants les plus âgés de Die Linke.
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