ALLEMAGNE : Pourquoi le recul électoral de Die Linke (éléments d'analyse)
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En 2009, Die Linke, alors issue de la fusion du PDS (ex-SED) et de la WASG, obtenait son meilleur résultat électoral : 11,9 % des voix et 28,5 % dans l'ex-RDA.
Pourquoi Die Linke n'a jamais réussi à capitaliser sur cette sympathie ?
1- Le cordon anticommuniste.
Pendant de nombreuses années, les partis majoritaires, notamment le SPD et les Verts, ont appliqué un isolement systématique.
2- L'absence de ligne politique claire.
Pour Die Linke, l'objectif était de devenir un parti de gouvernement lambda.
Cette position a conduit à désailer ce qui faisait l'originalité du PDS : un parti du socialisme démocratique.
Ainsi les différentes directions de Die Linke vont chercher à créer des coalitions avec le SPD et les Verts. Et donc donner des gages à ces organisations.
3- Le factionnalisme.
Die Linke fonctionne en tendance et trois groupes vont parasiter le fonctionnement du parti et les congrès :
-La droite, qui cherche les alliances pour entrer dans des gouvernements.
-Les conservateurs de gauche qui s'organisaient autour de Sahra Wagenknecht et qui ont majoritairement migré au BSW.
-Les gauchistes (trotskistes) et les courants postmodernes.
4- L'abandon de la classe ouvrière et le recentrage vers les grandes villes.
Comme beaucoup de partis de la gauche dite radicale, les théories post-modernes, anti-marxistes, vont conduire ces organisations à oublier la centralité de la classe ouvrière comme moteur des luttes au profit de combats intersectionnels, identitaires et thématiques.
Cela s'accompagne d'un décrochage politique dans les régions industrielles, rurales, périurbaines.
D'où l'effondrement en ex-RDA.
On constate que Die Linke s'est considérablement renforcé dans les grandes villes, son électorat rajeunit et se lisse sur l'ensemble du territoire.
L'abandon de la classe ouvrière et d'une ligne politique cohérente (le socialisme comme alternative au capitalisme) profite aux partis d'extrême droite comme l'AfD.
Ces partis surfent sur l'absence de perspective politique et le mépris de classe des élites urbaines.
Quelle leçon pour la gauche ?
Pour lutter contre l'extrême droite, il n'y a pas 36 solutions.
1- La classe ouvrière est à reconquérir.
2- Le socialisme est la seule perspective politique à gauche.
3- Le factionnalisme est une gangrène.
Pour ça, il faut un parti communiste.
PS : Les populations des quartiers populaires (banlieues) appartiennent à la classe ouvrière. Opposer ces populations aux périurbains en utilisant des critères identitaires et racistes fait le jeu de l'extrême droite. Nier les luttes spécifiques fait aussi le jeu de l'extrême droite.
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