SECTARISME et OPPORTUNISME, deux déviations anti-dialectiques courantes au sein du mouvement ouvrier
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Dans le cadre des travaux de la commission Recherche et Formation de l’OCF, cet article propose une analyse critique du sectarisme au sein de la mouvance communiste issue de l’opposition à la mutation réformiste du PCF. À partir notamment des exemples du PCRF et du Parti Révolutionnaire-Communistes, il examine les différentes formes que prennent ces dérives, de la conception de l’organisation au dogmatisme idéologique, en passant par l’ouvriérisme, l’économisme et le rapport au mouvement syndical. Cette contribution, qui n’a pas vocation à clore la discussion, vise avant tout à alimenter le débat sur les conditions de la reconstruction communiste en France.
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Sommaire rappel des groupes étudiés dans cet article
La mutation liquidatrice menée par la direction du PCF, conduite par R. Hue, dans les années 1990, constitue la déclinaison française de la terrible vague – il conviendrait plutôt de parler de tsunami – d’opportunisme qui a détruit le camp socialiste de Berlin-Est à Moscou et transformé un grand nombre de partis communistes ouest-européens en mouvements réformistes de plus en plus marginaux. Par réaction, il n’est pas étonnant que les différents groupes ayant contesté, d’abord de l’intérieur pour la plupart, cette conversion suicidaire aient souvent versé dans le travers opposé à l’opportunisme, à savoir le sectarisme. Celui-ci peut se caractériser par un refus des alliances et du compromis, même tactique, et une relative fermeture sur l’organisation, considérée comme la seule représentante de la classe ouvrière.
Afin d’éviter toute mécompréhension de notre propos, précisons, s’il en est besoin, que le sectarisme est loin de constituer une spécificité des scissions anti-mutantes du PCF, et qu’il n’y a jamais été systématique : les groupes trotskistes pratiquent le sectarisme à grande échelle, et de nombreuses organisations politiques n’ayant aucun lien avec le mouvement ouvrier y sont également sujettes.
Tout d’abord, lorsqu’on parle de scissions du PCF mutant, de quoi parle-t-on ? Au niveau temporel, cela correspond à une période de 5 ans : de 1999 à 2004. Les principaux groupes ayant alors décidé de sortir (sur une base marxiste) du PCF de Robert Hue sont les suivants : la Coordination communiste, Rouge vif et le groupe organisé autour de l’ancienne sénatrice Rolande Perlican. La Coordination communiste connaîtra plusieurs éclatements ; elle donnera lieu à la création de l’URCF, devenue Parti Communiste Révolutionnaire de France en 2016, au Rassemblement communiste ainsi qu’au Pôle de Renaissance communiste en France. L’Organisation Communiste de France est elle-même issue du PRCF, après l’exclusion de plusieurs de ses dirigeants fin 2025. Rouge vif deviendra en 2016 l’Association Nationale des Communistes (ANC). L’ANC fusionnera elle-même avec le Rassemblement Communiste pour former l’Union pour la Reconstruction Communiste en 2024. Le groupe Perlican deviendra Communistes en 2000. Ce groupe deviendra en 2015 le Parti Révolutionnaire-Communistes dans le cadre de sa très courte fusion avec l’URCF, puis conservera ce nom-là jusqu’à aujourd’hui.
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