UNE FEMME EST MORTE… Le Billet du Docteur Christophe Prudhomme
/image%2F1449569%2F20260915%2Fob_d27859_prudhomme-xxl.jpg)
Une jeune femme suivie dans le centre d’accueil et de crise Amado s’est suicidée au cœur de cet été. Ce décès écrit une nouvelle page de la chronique des morts annoncées liées à l’abandon d’un nombre de plus en plus élevé de malades par notre système de santé.
Cette patiente était suivie depuis longtemps par cette structure créée il y a 45 ans sur la base d’un modèle humaniste de la psychiatrie. Un centre ouvert sur la ville, ouvert 24h sur 24, disposant de lits pouvant offrir une solution immédiate aux personnes qui le nécessitent et aux autres un accueil immédiat sans passer par les urgences hospitalières, avec un suivi au rapproché par une équipe de soignants ayant noué des liens de confiance avec les patients.
Tout cela s’est brutalement écroulé en ce début d’année avec la fermeture brutale de ce service par la direction de l’hôpital Saint-Anne à Paris dont elle dépendait, avec malheureusement la complicité d’un certain nombre de médecins. Pourtant, une forte mobilisation s’était développée pendant plus d’un an à l’initiative des soignants avec le soutien de nombreux élus, tant de gauche que de droite, de patients et de la population. En tant qu’élu parisien, j’avais interpellé la ministre de la Santé avant la fermeture effective et je n’ai reçu sa réponse qu’après que le couperet soit tombé. Un texte pétri de novlangue technocratique, je cite : « Loin d’affaiblir l’offre de soins, cette évolution vise à renforcer la continuité des parcours… dans un périmètre géographique permettant une prise en charge plus fluide ». Mais en fait il s’agit simplement de justifier une décision dont la seule motivation est financière, visant à transformer le centre en simple accueil de jour, sans lits dédiés, dans un hôpital qui n’arrive pas à maintenir l’ensemble de ses lits ouverts faute de personnels en nombre suffisant.
Concrètement, le centre a fermé brutalement avec une réaffectation des soignants dans d’autres services, sans que la structure de remplacement promise ne soit mise en place, laissant de fait les patients à l’abandon. C’est ce qui s’est passé pour cette jeune femme qui était accueillie toutes les semaines dans le centre et qui avait témoigné lors d’un des rassemblements sur le bienfait de ce suivi régulier qui lui permettait de se sentir en sécurité et de pouvoir mener sa vie de manière autonome. Que s’est-il passé cet été, pourquoi est-elle passée à l’acte ? Nous ne le savons pas mais ce qui est sûr, c’est qu’elle avait perdu cet accompagnement qui lui était visiblement indispensable. Livrée seule dans un système de santé, avec comme seul recours des urgences saturées dans lesquelles les patients atteints de troubles mentaux ne sont pas toujours pris en charge de manière adaptée faute de moyens et parce que dans le tri qui est effectué à l’entrée, ils ne sont souvent pas jugés prioritaires.
Alors sachez, madame la Ministre que les soignants qui suivaient cette femme la pleurent et considèrent que vous avez une responsabilité morale concernant ce drame.
Docteur Christophe Prudhomme
Médecin urgentiste- Syndicaliste
SOURCE : Facebook


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)