LA CHASSE AUX LYCÉENS EST OUVERTE
/image%2F1449569%2F20261004%2Fob_c6bc3a_point-de-vue-jack-dion.jpg)
Après dix jours de révolte lycéenne, le ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, a tenu à préciser à propos des forces de police qu’il n’avait donné « aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition ». Le moins que l’on puisse dire est qu’il a été entendu. La preuve. Selon le ministère de l’éducation nationale, environ 170 élèves, souvent mineurs, ont été blessés depuis le début du mouvement. Voici quelques-uns des cas les plus graves :
- À Tours (37), un adolescent prénommé Maël a perdu l’usage de son œil droit à la suite d’un tir de LBD (Lanceur de Balles de Défense), ce symbole de la répression à la française. L’IGPN a été saisie.
- À Saint-Ouen-L’Aumône (95), un autre ado a subi une double fracture de la mâchoire et de nombreuses dents cassées toujours à cause d’un tir de LBD. L’IGPN a été saisie.
- À Argenteuil (93), un lycéen de 16 ans blessé à l’œil a mis en cause un tir de LBD. Le parquet de Pontoise a ouvert une enquête pour « violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ».
- À Alençon (61), comme on a pu le voir sur les réseaux sociaux, une adolescente a été violemment prise par le cou par un policier qui a failli l’étrangler.
- À Sevran (93), une parente d’élève a été touchée par un tir de LBD dans les jambes. L’IGPN a été saisie.
- À Saint-Denis (93) des élèves du lycée Paul Éluard ont dénoncé des plaquages au sol, des tirs de grenade de désencerclement et des gazages répétés. L’un d’entre eux a affirmé avoir été frappé en garde à vue par des policiers de la BAC, connue pour ses méthodes expéditives.
- À Versailles (78), une vidéo a montré un policier percutant un jeune en train de courir.
Ce ne sont que quelques exemples parmi les plus spectaculaires, mais systématiquement passés sous silence à la télévision, où l’on ne voit que les actes irresponsables des fameux « casseurs ». On assiste ainsi au retour du syndrome des Gilets jaunes. Plutôt que d’évoquer les causes d’une révolte sociale, on braque le projecteur sur les débordements en se gardant bien d’évoquer les violences policières qui laissent tant d’éborgnés sur le carreau, sans aucune suite judiciaire.
Est-ce le modèle dont rêve Sébastien Lecornu et son ministre de l’Intérieur ? Comment peut-on expliquer du soir au matin qu’il faut travailler plus et sortir les LBD quand les lycéens demandent de pouvoir travailler dans des conditions acceptables ?
Certains ne s’émeuvent que des actes de violences, parfaitement condamnables, qui ont essaimé le mouvement des lycéens. Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’une révolte sociale est entachée par des éléments souvent extérieurs et qui viennent casser à tout va, cherchant à tout prix à affronter les policiers à des fins parfois inavouables.
On connait de longue date les fameux « black blocs », reconnaissables à leur tenue noire et à des idées qui le sont tout autant. Leur simple présence est la certitude de voir un mouvement porteur de causes justes se perdre dans des voies sans issue. Le pouvoir ne rêve que de ce face à face stérile tant il est assuré d’en sortir vainqueur, ne serait-ce que par isolement des manifestants aussitôt assimilés à des casseurs. Ce n’est pas une raison pour que les commentateurs foncent dans le piège tête baissée sans se poser la moindre question.
Jack Dion
Sur Facebook


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)