LYCÉE VENERE
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« Nous nous efforçons de donner à nos enfants tout ce qui a manqué dans notre jeunesse
et nous négligeons de leur donner ce dont nous avons bénéficié. » (James Dobson)
J’ai entendu Jean-Luc Mélenchon commenter l’agitation lycéenne en cours. Ses mots m’ont frappé, et je les cite de mémoire : « c’est la plus grande mobilisation de jeunesse depuis mai 1968 ». Et il n’est pas le seul : la référence à cette expérience fondatrice de la gauche « libérale-libertaire » apparaît régulièrement chez les lycéens mobilisés (1).,
Ces références me plongent dans une profonde tristesse. Non pas que je donne une grande valeur à l’opinion de Mélenchon, dont on peut comprendre l’envie, alors que l’âge avance, de voir dans la situation présente la continuité de ses expériences de jeunesse. Non, ce qui m’attriste profondément, c’est que le parallèle jette une lumière crue sur ce que notre pays et sa jeunesse sont devenus à soixante ans d’intervalle. Quoi qu’on puisse penser de l’agitation de mai 1968 – et dieu sait que j’en pense beaucoup de mal – au moins une chose est incontestable : c’est l’ambition des acteurs de l’époque. La jeunesse qui en 1968 occupait les lycées et les universités, les théâtres et les rues, avait de choses à dire et des projets à défendre. Des projets qu’on peut juger utopiques ou délirants, généreux ou égoïstes, mais toujours ambitieux. Il s’agissait, du moins intellectuellement, de faire une véritable révolution, d’ébranler les bases mêmes des institutions, dont certaines multiséculaires. Les rapports au sein du couple, de la famille, de l’école, de l’université, du bureau, de l’usine et même de l’église devaient changer, et la jeunesse se percevait en agent de ce changement copernicien.
Regardons maintenant ce que nous avons aujourd’hui. Quelle est l’ambition des acteurs du mouvement « le plus important depuis mai 1968 » ? « Le Monde » nous l’explique : « On se bat contre le manque de professeurs, la surcharge dans les classes, des emplois du temps inadaptés. Et contre le manque de moyens. En pleine canicule, on ne peut plus travailler dans des classes surchauffées. On est 36 par classe, sous 40 °C », affirment les jeunes Nîmois. « Il faut aussi réformer Parcoursup », ajoutent-ils ». On peut rajouter à cette liste l’état des toilettes. Autrement dit, on demande sagement plus de confort, plus de moyens, moins de contraintes.
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"Nous nous efforçons de donner à nos enfants tout ce qui a manqué dans notre jeunesse et nous négligeons de leur donner ce dont nous avons bénéficié." (James Dobson) J'ai entendu Jean-Luc M...


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