Que se passait-il en France en 1788 ?
En 1788, la France traverse une crise globale et profonde qui marque l'antichambre directe de la Révolution française de 1789. Le pays est alors paralysé par une faillite financière, un chaos climatique et une contestation politique sans précédent.
Voici précisément ce qu'il se passait cette année-là :
1. La faillite financière de l'État
- La banqueroute d'août : Le 16 août 1788, les caisses de l'État sont vides, plombées notamment par les dettes contractées lors de la guerre d'indépendance américaine. Le roi Louis XVI est contraint de déclarer une suspension des paiements de l'État (une semi-banqueroute).
- Le retour de Necker : Face à la panique économique, le roi rappelle en urgence le banquier genevois Jacques Necker le 26 août pour tenter de rassurer les marchés et sauver les finances du royaume.
- 2. Le chaos climatique et la crise de subsistance
- Sécheresse et orage historique : Le printemps 1788 subit une sécheresse historique. Le 13 juillet 1788, un orage de grêle d'une violence inouïe traverse la France, ravageant plus de 1 000 villages et détruisant une part colossale des récoltes de blé.
- La disette et l'explosion du prix du pain : Les prix des céréales et de la farine s'envolent instantanément (+50 %). À la fin de l'année, les boulangeries se vident, la famine menace les campagnes et les villes (notamment Paris), et des émeutes de la faim éclatent un peu partout.
- Un hiver polaire : Pour couronner le tout, l'hiver 1788-1789 s'ouvre sur un froid glacial et précoce (jusqu'à -25 °C), gelant les fleuves et paralysant les moulins, ce qui aggrave encore la misère.
- 3. La fronde politique et les premières insurrections
- La Journée des Tuiles à Grenoble : Le 7 juin 1788, la population de Grenoble se soulève pour défendre son Parlement régional contre les réformes fiscales du roi. Les habitants montent sur les toits et bombardent les soldats royaux avec des tuiles. C'est considéré comme l'un des tout premiers actes insurrectionnels de la Révolution.
- L'Assemblée de Vizille : Le 21 juillet, les représentants du Dauphiné se réunissent illégalement au Château de Vizille et réclament la convocation des États généraux, refusant tout nouvel impôt sans le consentement de la nation.
- 4. La capitulation du roi : la marche vers 1789
- Convocation des États généraux : Cédant à la pression populaire et financière, Louis XVI capitule le 8 août 1788 et annonce la convocation des États généraux pour le 1er mai 1789, une assemblée des trois ordres (Clergé, Noblesse, Tiers État) qui ne s'était pas réunie depuis 175 ans (1614).
- Le doublement du Tiers État : Le 27 décembre 1788, sous l'impulsion de Necker, le Conseil du roi accorde le doublement du nombre de députés du Tiers État. Le Tiers État aura autant de représentants que la Noblesse et le Clergé réunis, ouvrant la voie aux bouleversements politiques majeurs du printemps suivant.
- L'année 1788 se clôture ainsi dans une atmosphère électrique, sur fond de faim, de froid et d'immense espoir politique, alors que s'organise la rédaction des futurs Cahiers de doléances.
SOURCE : IA
/image%2F1449569%2F20261031%2Fob_a02d0a_journee-des-tuiles-bd.jpg)
LE 7 JUIN 1788 - GRENOBLE
LA JOURNÉE DES TUILES
La Journée des Tuiles est une émeute populaire survenue le 7 juin 1788 à Grenoble, considérée comme l'un des premiers événements déclencheurs de la Révolution française.
Le contexte historique
La révolte s'inscrit dans un climat de forte fronde parlementaire à travers le royaume de France. Face à la crise financière, le garde des Sceaux Lamoignon et le contrôleur général des finances Loménie de Brienne tentent une réforme radicale pour retirer aux parlements régionaux leur pouvoir de vérification des édits royaux.
Le Parlement du Dauphiné, basé à Grenoble, s'y oppose fermement. En réaction, le pouvoir royal envoie des lettres de cachet aux magistrats grenoblois, leur ordonnant de s'exiler sur leurs terres.
Le déroulement du 7 juin 1788
Le matin du départ forcé des magistrats, la population grenobloise se soulève pour empêcher leur exil :
- L'alerte : Le tocsin sonne dans la ville, mobilisant une foule importante de commerçants, d'artisans et particulièrement de femmes (comme les gantières et les herbières).
- L'affrontement : Les garnisons royales (notamment le régiment du Royal-Marine) reçoivent l'ordre de dissiper la foule.
- L'assaut : Les insurgés grimpent sur les toits des habitations et jettent une pluie de tuiles et de pierres sur les soldats en contrebas.
Dépassé par l'ampleur de l'insurrection, le commandant des troupes royales, le duc de Clermont-Tonnerre, ordonne la retraite de ses soldats et réintègre les magistrats dans le palais du Parlement. L'émeute fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés dans la population et chez les soldats.
Les conséquences majeures
Bien que déclenchée au départ pour défendre les privilèges du parlement local, cette journée prend rapidement une envergure politique nationale :
- Les États généraux du Dauphiné : Face à ce camouflet, une assemblée extraordinaire (la réunion des états de la province) se rassemble illégalement le 21 juillet 1788 au château de Vizille.
- L'appel national : Les représentants des trois ordres y réclament officiellement la tenue des États généraux de 1789 pour toute la France, en exigeant le doublement du tiers état et le vote par tête. Louis XVI finira par céder à cette revendication quelques mois plus tard.
SOURCE : IA


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)