Régimes spéciaux de retraite : il n’y a rien à négocier !
IL N'Y A RIEN A NEGOCIER !
Les choses sont clairement dites, la réforme des régimes spéciaux de retraites, si elle aboutissait, ne serait que la première d'une longue série noire de « réformes » contraires aux intérêts de tous les salariés.
Comme toujours en pareil cas, l'enfer est pavé de bonnes intentions. C'est au nom du principe d'équité que Sarkozy entend aligner les régimes spéciaux sur le régime général. A propos des cheminots, il laisse tomber : « je fais confiance en leur honnêteté. Si nous avons bien compris, les cheminots seraient malhonnêtes de vouloir garder leur régime spécial, il est vrai,
plus favorable que le régime général.
En 1993, c'est le gouvernement Mitterrand-Balladur, dont Sarkozy était membre, qui a fait une réforme inéquitable et injuste, en fixant à 40 ans la durée de cotisation dans le privé, calculée sur les 25 dernières années.
En 2003, au nom de « l'équité », le gouvernement Chirac-Raffarin récidive, en fixant à 40 ans la durée de cotisations dans la Fonction publique, avec une « clause de revoyure » en 2008 pour allonger encore et encore la durée de cotisation de tous les salariés.
Mais, dans cette spirale, il y a un caillou dans la chaussure : grâce aux grandes grèves de novembre-décembre 1995, les régimes spéciaux de retraite de 20% de salariés environ de ce pays (SNCF, RATP, EDF-GDF etc.) sont restés à 37,5 annuités. Sarkozy veut donc aujourd'hui les « aligner » sur le régime des fonctionnaires (retraite à taux plein avec 40 annuités, calculée sur les 75% des salaires des 6 meilleurs mois de la carrière)
Ensuite, toujours au nom de l'équité, il dira qu'il est indigne que les retraites des fonctionnaires, de la SNCF, de la RATP etc. ne soient pas calculées sur les 25 meilleures années comme dans le privé et qu'il faut donc que ça cesse.
Et ensuite, si nous laissons faire, il dira, au nom de l'équité, que cela ne suffit pas et qu'il faut donc que tous les salariés du pays, public-privé travaillent plus longtemps, 41, 42 ans et plus pour prétendre à une retraite à taux plein.
C'est d'ailleurs déjà prévu. Et si vous ne pouvez pas, prenez des assurances privées, comme aux USA où 50 millions de salariés n'ont aucune couverture sociale. Ce serait la fin de la Sécu et des retraites basées sur le système de la répartition solidaire.
Le reste n'est que baratin. Au nom de « l'équité », c'est le nivellement vers toujours plus bas qu'il veut nous imposer. Pour faire passer cette «réforme » des régimes spéciaux, Sarkozy en appelle au consensus des «partenaires sociaux » et espère associer les dirigeants syndicaux à la mise en place concertée de cette réforme. Les régimes spéciaux sont un verrou qui empêche Sarkozy et le Medef d'aller plus loin dans la mise à sac de nos retraites. Si ce verrou saute, nous sommes tous menacés, public et privé !
Que les choses soient claires, l'intérêt commun de tous les salariés, tous régimes confondus, commande de dire : Dirigeants syndicaux, n'allez pas aux négociations contraires aux intérêts
des travailleurs !
Maintien intégral des régimes spéciaux !