A propos des grèves : rira bien qui rira le dernier
La grève, arme ultime, du monde du travail met en cause dans un affrontement de classe direct le pouvoir patronal et gouvernemental. Hantise des tenants du capital, ceux-ci ont toujours cherché à la déconsidérer, voir à l'interdire. C'est ce que Sarkozy a entrepris dès son arrivée à l'Elysée en limitant, avec la remise en cause des régimes spéciaux, le droit de grève dans les services publics. Pensant avoir gagné la bataille dans l'opinion publique Sarkozy se permet de traiter la grève avec dérision et mépris (1). Au train ou s'applique sa politique de contre réformes destructives, et compte tenu de l'arbitraire dont il fait preuve sur nombre de sujets, Sarkozy pourrait très vite déchanter.
Le malaise social, le mécontentement est réel. Il touche des catégories sociales des professions n'ayant jamais fait grève, ou manifesté. Il n'est pas commun que des militaires de haut rang, ou des responsables de la télévision publique critiquent ouvertement les choix politiques de Sarkozy et ses pratiques monarchiques. La colère gronde aussi parmi les maires.
S'agissant du monde du travail, force est de constater que de nombreuses grèves ont lieu dans des secteurs inhabituels. Pour autant les dernières actions nationales n'ont pas été à la hauteur pour porter un coup d'arrêt à la politique à la politique destructive du pouvoir, c'est pourquoi Sarkozy bombe le torse. Pour l'empêcher de jouer les matamores encore faudrait il ne pas lui fournir des arguments. Prétextant » qu'il ne faut pas mélanger les genres » le secrétaire général de la CFDT refuse d'engager la lutte pour l'augmentation des salaires et retraites. Quant au secrétaire général de la CGT il s'est ridiculisé en exhortant un million de personnes à descendre dans la rue, le compte n'y était pas. En ouvrant des brèches et plusieurs chantiers de contre réformes en même temps. En entraînant dans son sillage les dirigeants des centrales syndicales qui dans leurs pratiques collaborent à la mise en œuvre des contre réformes, Sarkozy réussi en partie à neutraliser le mécontentement.
L'urgence est de porter un coup d'arrêt significatif à la politique et aux pratiques dictatoriales de Sarkozy. Comment parler nouvelle perspective politique en ignorant cet objectif ? Ce n'est pas à l'Elysée ou à Matignon que réside la solution, c'est ailleurs en particulier dans la rue,et dans les entreprises là ou chaque jour les salariés subissent les bas salaires, les stress, l'exploitation, le mépris. L'expérience montre que » Si la classe ouvrière lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait elle-même de la possibilité d'entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure »(2).
Aujourd'hui faire œuvre révolutionnaire c'est attaquer le système capitaliste au cœur et donc occuper le terrain des luttes sociales et politiques. Il convient de contribuer à leur développement par tous les moyens. Une multitude de luttes créera un climat favorable pour bâtir un vaste et puissant mouvement populaire duquel sortira quelque chose de neuf y compris au plan politique.
1- « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit » discours de Sarkozy devant les militants de L'UMP.
2- « Salaires prix et profits » Karl Marx
source : « combat communiste »


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