"On ne paiera pas votre crise" : un mot d'ordre pour l'action
Les annonces de licenciements, de fermetures d'entreprises, ne cessent de tomber.
Les restructurations à la hache se traduisent par une avalanche de suppressions d'emplois et, pour ceux qui « restent », une surexploitation à coup d'horaires de plus en plus flexibles, de rallongement du temps de travail et de remises en cause de tous les acquis. Par contre, les primes de départ ou d'arrivée et les rémunérations pour les dirigeants, continuent à se chiffrer à plusieurs millions d'euros.
Loin de se résigner, les ouvriers, les employés, des cadres refusent d'être sacrifiés. Ils sont de plus en plus nombreux à occuper les entreprises, à séquestrer les patrons et leurs représentants pour faire pression sur les directions dont certaines « ne comprennent pas pourquoi il est si difficile de supprimer des emplois en France!». Ils finiront pas comprendre, quand se généraliseront les luttes contre les licenciements.
Les ouvriers de Caterpillar ont eu raison de refuser le diktat du groupe US, soutenu par le gouvernement Sarkozy-Fillon, prévoyant 600 licenciements, l'augmentation du temps de travail et qui s'acharnent contre des grévistes traînés en justice.
Ceux de Continental s'en sont pris à la sous préfecture, suite à l'annonce du feu vert donné à la direction du groupe de fermer l'usine de Clairoix - et de Hanovre en Allemagne - pour transférer toute la production en Roumanie, pour 400 euros de salaires mensuels.
Ceux de Molex ont séquestré deux cadres quand ils ont découvert que la direction du groupe organisait la délocalisation de la production, avec la complicité des groupes automobiles qui touchent des millions d'argent public.
Tous ces groupes, qu'ils soient financiers ou industriels, restaurent leurs profits, restructurent et accroissent la productivité pour être encore plus compétitifs, face à leurs concurrents.
Face à la colère légitime des travailleurs, la réponse de Fillon, c'est les poursuites judiciaires. Fini les promesses démagogiques, place aux menaces, à la répression, à la justice de classe qui protège les actionnaires contre les ouvriers et les salariés.
« On ne paiera pas votre crise » est scandé dans toutes les manifestations, partout dans le monde, Ce n'est pas seulement un cri de colère, mais un mot d'ordre d'action.
Refus des licenciements, pour les travailleurs en CDI, CDD et les intérimaires, exigence du paiement à 100 % du chômage technique, refus des mesures de flexibilité, exigence de hausses de salaires... la classe ouvrière n'a pas à s'autolimiter dans ses revendications. Elle se bat pour vivre, pour faire payer au capital sa crise, pour construire la solidarité entre actifs, chômeurs, précaires, retraités : aucun ne doit être laissé sur le bord du chemin.
Que ce soit à Chicago, à Mexico, à Lille ou à Grenoble, à Turin ou à Dehli, à Moscou ou à Pékin, dans les faubourgs de Tunis ou du Cap, c'est le mot d'ordre qui sera scandé dans les manifestations du 1er Mai.
Paris, le 22 avril 2009


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