Soutien aux électriciens et gaziers qui résistent à la privatisation !
Reprenons le chemin du combat de classe et de la résistance populaire !
En fidèle serviteur du grand patronat, le gouvernement s’acharne à vouloir offrir GDF sur un plateau aux gros actionnaires du groupe privé Suez pour constituer un euro-monopole capitaliste électro-gazier rival d’EDF.
A maintes reprises les militants de la Renaissance communiste ont pris position pour la défense d’EDF-Gdf contre le MEDEF, l’UMP et l’U.E. du grand capital. Quasi-seuls à l’époque, ils ont dénoncé les Accords de Barcelone de 2002 préparés par la très officielle Table Ronde des Industriels Européens à laquelle appartient… le PDG de SUEZ). Par ces accords, Chirac et Jospin avaient souscrit à la libéralisation totale de l’Energie dans l’UE, ainsi qu’au relèvement à 67 ans en moyenne de l’âge de la retraite en Europe, sans un mot de protestation des ministres « communistes » d’alors, Gayssot et Buffet…
Auparavant, tandis que les députés du PCF, alors au gouvernement, se réfugiaient dans l’abstention, Renaissance communiste avait dénoncé les transpositions parlementaires en droit français des premières directives européennes libéralisant l’énergie et les transports.
En 2003, en plein mouvement social contre la casse des retraites et la décentralisation de l’Education nationale, Renaissance communiste a condamné l’attitude des dirigeants syndicaux de la SNCF, de la RATP et d’EDF qui, tous syndicats confondus, ont avalé la manoeuvre de Raffarin promettant qu’on ne toucherait aux régimes spéciaux de retraite. Tout le monde constate aujourd’hui ce que vaut la parole du gouvernement UMP qui, deux ans seulement après la promesse de Sarkozy de maintenir la participation d’Etat au capital d’EDF/GDF au-dessus de 70%, offre aujourd’hui GDF aux actionnaires privés de Suez ! Tout le monde entend aussi que d’une seule voix, Sarkolène et Ségozy annoncent la casse des régimes spéciaux pour 2007. Tout le monde sait enfin que les « promesses » de Raffarin aux cheminots, gaziers et électriciens au sujet des régimes spéciaux, n’avaient d’autre but que de diviser le mouvement social et d’isoler les enseignants en grève reconductible au printemps 2003.
Renaissance communiste et nombre de syndicalistes combatifs avait malheureusement raison de dire alors que si le mouvement populaire perdait le bras de fer de 2003 sur les retraites, TOUS les acquis des ministres authentiquement communistes de 45-46 (nationalisations, statuts, retraites par répartition, ordonnance de 45 sur la jeunesse, Sécu, comités d’entreprise,…) seraient remis en cause. Il nous est désagréable de rappeler que nos analyses étaient justes mais les électriciens-gaziers ou les cheminots mesurent à quel point les états-majors les ont abandonnés en 2003 en choisissant le corporatisme et le court terme au lieu de contribuer à construire la grève générale comme les y appelaient désespérément les grévistes des autres services publics ! Mais Thibault avait prévenu, affirmant en plein bras de fer : « la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays ». Il était déjà clair que le choix « responsable » des états-majors était de « perdre séparément » plutôt que de gagner ensemble.
Autre occasion perdue pour construire du « tous ensemble » : en octobre 2005, les marins et traminots marseillais de la SNCM et de la RTM ont perdu leur grève dure sans que les dirigeants des syndicats des services publics nationaux ne militent pour élargir la mobilisation et rallier leur combat contre la privatisation, Thibault préférant même aller bavarder seul avec Villepin et recevoir en retour un brevet de « responsabilité » !
Lourde est également la responsabilité de ceux qui n’ont pas saisi les deux grandes victoires populaires de la dernière période, succès du Non populaire à la constitution européenne et victoire des jeunes sur le CPE, pour réclamer la démission du gouvernement et appeler les travailleurs à passer à l’offensive contre l’ensemble des contre-réformes UMP. Au contraire, le mouvement anti-précarité de 2006, pendant lequel Thibault et Chérèque priaient Sarkozy (!) de mettre fin à la crise, a été rabattu par ces derniers au seul mot d’ordre du CPE (le CNE, la loi Fillon, l’apprentissage à 14 ans, les privatisations ? tout est passé à la trappe).En réalité, les états-majors de la gauche politico-syndicale sont désormais incapables de mener la classe laborieuse à la victoire. Ils sont prisonniers de l’idéologie réformiste qui les empêche de remettre en cause la propriété économique et le pouvoir politique des capitalistes, qui les fait propager le mensonge de « l’Europe sociale » et répandre l’illusion qu’on pourrait amender positivement la construction européenne du grand capital. Il faut dire que les financements officiels et les gratifications diverses (en particulier ceux de la chère UE) ont tendance à émousser l’esprit de résistance de dirigeants qui fréquentent quotidiennement les grands patrons et les hauts fonctionnaires à leurs ordres.
C’est pourquoi, tout en saluant la lutte des électriciens-gaziers, le PRCF appelle ces salariés à :
- exiger la sortie de la France de l’Europe supranationale ; il faut reconstruire l’indépendance économique, politique, énergétique et monétaire de notre pays. Comme en 45/46, à l’époque où le patriote communiste Marcel Paul a « nationalisé la Lumière », le drapeau rouge des travailleurs et le drapeau tricolore de la Nation doivent s’allier contre la fascisante Europe capitaliste pour reconquérir l’indépendance nationale et le progrès social. Entre l’appartenance de la France à l’UE et la survie d’EGF, il faut choisir !
- exiger la nationalisation de SUEZ et la constitution d’un pôle public nationalisé pour aller vers une entreprise unique, 100% publique et démocratiquement gérée, Energie de France.
- nouer un maximum de liens interpro de lutte avec les autres services publics et avec les salariés du privé en bute aux licenciements et aux fermetures, sans oublier les jeunes des facs dont plus de la moitié sont des salariés précarisés. On ne stoppera pas l’offensive néo-libérale avec du « lobbying citoyen » ou en « jouant » « Sarko » contre Villepin, mais en renouant avec le syndicalisme de classe, renié par ceux qui préfèrent discuter entre « partenaires sociaux » et s’unir à Chérèque et à la Confédération Européenne des Syndicats ;
- interpeller publiquement Hollande qui vient de déclarer à la Une du « Monde » qu’en cas de privatisation de GdF, cette réforme serait « irréversible » (en clair le PS n’y touchera pas s’il gagne les élections). Ne laissons pas le PS en paix, interpellons ses militants, ce sont de telles trahisons qui permettent à tout instant à la droite de mener son offensive anti-ouvrière.
- dénoncer l’illégitimité de ce président et de ce parlement non représentatifs : dans quelle partie du programme UMP se trouvait la privatisation de l’Energie ? Combien de fois depuis 2002, l’UMP a-t-elle été blackboulée par le suffrage universel (élections régionales, européennes, 29 mai 2005) ? Que représente une majorité UMP/UDF… lâchée par l’UDF ?
La partie n’est pas perdue si les électriciens et gaziers, prenant conscience de leur puissance et s’unissant à l’Education nationale, à la Poste, à la RATP, à la SNCF, aux salariés de l’automobiles licenciés (Mecaplast, Valeo, SKF, Ford…), aux EADS, aux « Yoplait »…, mettent la fausse gauche devant ses mensonges, s’ils osent exiger le retrait de la France de l’UE de Maastricht en appelant à construire de nouveaux traités internationaux respectueux des peuples et des acquis sociaux !
Comme les peuples d’Amérique latine le font aujourd’hui autour de Chavez, comme Marcel Paul sut le faire en son temps, la victoire implique la renaissance du COMBAT DE CLASSE allié au PATRIOTISME REPUBLICAIN et à l’esprit de RESISTANCE ! C’est à quoi travaillent les militants du PRCF !
[Source : Pôle de Renaissance Communiste en France]