A MON AVIS [la chronique d’Élie Dayan, militant « Rouge vif »]
La Chronique d'Élie DAYAN
ILS N'ENTENDENT PAS LES SALARIES PAR LES VOIX PARLEMENTAIRES, IL LEUR RESTE LA RUE
Nous voici dans une phase inquiétante car d'une violence sans équivalent de la crise; celle où tous les indicateurs passent au rouge : l'économie, la production, la consommation, la santé, l'école, les institutions, les forces morales et politiques, les médias.
On en connaît la cause : la volonté des groupes financiers géants qui dominent la vie nationale d'étendre leur domination à toute la planète ; ce qu'ils nomment la « mondialisation » en supprimant les Etats-nation » que le mouvement populaire a toujours considéré comme un cadre essentiel de ses luttes (en particulier du modèle social français) en dévalorisant le travail salarié, en transférant au secteur privé tout ce qui, dans le pouvoir d'achat finance les dépenses sociales.
On le voit c'est l'essentiel de la population active qui est visé y compris travailleurs indépendants, voire capitalistes entrepreneurs.
Mais, et c'est là le danger, on ne voit pas encore poindre le rassemblement porteur d'un projet de société qui ferait du travail, le cœur et la raison de cette construction. Tant que cela ne sera pas réalisé, le monstre prédateur de la finance peut encore l'emporter, sortir de la crise à son avantage, ce qui serait terrible pour ce pays.
Est-ce possible, réaliste ? Il y a depuis quelques années des millions de femmes et d'hommes qui manifestent en accusant « la crise c'est vous » ou bien « le gouvernement des riches » celui PS comme le précédent.
Les obstacles ne manquent pas en tout premier lieu idéologiques :
–dans une société duale « dominant-dominé » la morale dominante étend toujours ses griffes morales sur une partie plus ou moins importante des hommes; c'est l'inoxydable « il y a toujours des ouvriers et des patrons » « c'est la peur du nouveau ».
–La tendance, chez les révolutionnaires à penser selon des modèles périmés, obsolètes tel celui de « classe ouvrière mythique et seul paré de vertus révolutionnaires : or les ouvriers ne sont qu'une composante d'une classe plus importante : le salariat qui réunit dans le champ du travail des travailleurs liés à leur employeur par un contrat de travail qui implique leur subordination contre rémunération : un salaire ». Ils étaient 19 millions en 1980, 26 millions en 2012 ! n'est-ce pas affaiblir cette force que d'en extraire une partie, les ouvriers au prétexte qu'ils seraient plus « révolutionnaires » que les autres et les autres pas …
LE COLLECTIF ET L'INDIVIDUEL
C'est aussi ignorer, nier le caractère fondamental du travail salarié : il est collectif, non pas en terme d'addition de travailleurs individuels ; mais d'un produit global qui n'a de valeur qu'en association de travailleurs, de qualifications diverses mais complémentaires dont chaque acte individuel et productif obéit à la volonté individuelle de l'entrepreneur, ce propriétaire.
Résultat inouï, sans égal, cette organisation du travail a augmenté de plus de 600 fois la richesse du pays avec moitié de temps de travail annuel et en créant des dizaines de millions d'emplois.
TOUS AZIMUTS, IL SE DÉFEND, LE BOUGRE
Il ne vient à l'idée de personne de croire que l'entrepreneur est seul et nu face aux salariés dans son entreprise : au fur et à mesure qu'il grandit, il accroît son emprise sur l'appareil d’État, les administrations centrales et locales ; le Chef de l’État lui-même n'est plus que le fondé de pouvoir du grand capital financier qui le fait élire pour mettre en œuvre la feuille de route. Une particularité toutefois : le grand capital financier avait le choix entre deux candidats pour la même feuille de route mais il a éliminé Sarkozy dont l'inconvénient est de provoquer des mouvements sociaux ; et tout patron vous le dira, ce n’est pas bon pour les affaires. Alors ils ont viré l'UMP et fait élire Hollande. Et tout cela est rendu très efficace par une masse de moyens de propagande propriété à 96% des grands groupes industriels et financiers animée par des experts souvent autoproclamés. Voici deux exemples d'enfumage pratiquant un véritable déni de réalité :
–ils justifient tous les méfaits du pouvoir par sa « légitimité » « c'est quoi, papa » « c'est quand on est élu » Ah bon ! Et pourquoi il faut 3.970.000 voix au « front de gauche » pour 10 élus, soit 397.000 par député, alors dix fois moins suffisent pour élire un PS.
–Idole des médias, Mme LE PEN est présentée comme la « passionaria des mécontents, de l'antisystème » : or bien que porté sur les fonts baptismaux par Mitterrand, le F.N plafonne à moins de 13,8% des inscrits. Ce n'est pas négligeable mais c'est deux fois moins que les 25% de votes blancs et d'abstention, et puis ça veut dire que 86,7% : quarante millions refusent la voie « Le Pen »
–Le pire c'est quand on dit aux salariés mécontents « dites-le dans l'isoloir lors du prochain scrutin ».
Le sommet de l'hypocrisie quand on cherche un représentant compétent : il n'y en a pas un pour une raison simple : c'est interdit par la loi : c'est ainsi que les entrepreneurs opposent à la représentation nationale, comme à leurs salariés de parler de ce qui s'y passe.
Du reste, les Assemblées ne comptent AUCUN salarié en activité mais majoritairement des médecins, des avocats d'affaires et aussi un contingent non négligeable devenus des professionnels de la politique, certains le sont depuis 35 ans ! On aboutit à cette situation révoltante, insupportable : le travail en entreprise est mortifère lentement mais sept ans plus tôt que la moyenne.
Mais l'avantage pour les entrepreneurs c'est que le travail épuise et prépare la
fin après l'usine, après le travail et innocente même l'entrepreneur.
Et pourtant jamais on n'a pu obtenir de l'Assemblée Nationale le moindre débat sur cette question en dépit de la présence de dizaines et de dizaines de députés qui sont aussi des médecins.
LE POUR ET LE CONTRE
Il y a longtemps, un vieux militant constatait « nous sommes bons, efficaces dans la lutte CONTRE mais faible, voire inexistants dans l'action POUR ». Aujourd'hui nous sommes massivement CONTRE le système dit « néo libéral » mais dispersés, inefficaces donc, pour un projet transformateur.
A mon avis on peut raisonnablement être contre ce système, POUR L'ACCESSION, LA PRISE DE POUVOIR COLLECTIF DU SALARIAT, LA OU IL TRAVAILLE.
Elie DAYAN
Mars 2014


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