Amiens Nord : émeutes ou conséquences du système capitaliste ?
Il n’est certes pas acceptable que des policiers soient la cible de coups de fusil et de mortiers d’artifice, que soient brûlées une école, une salle de sports, des voitures, que soient saccagés des appartements. Cette situation faite aux habitants du quartier Nord d’Amiens « le Pigeonnier » où l’on ne roule pas sur l’or n’est pas supportable.
L’explosion de colère d’une minorité à un air de déjà vu et ce n’est pas le classement du quartier en « zone de sécurité prioritaire » qui réglera les problèmes de fond.
La sécurité est une question importante pour ceux qui vivent à Amiens Nord mais pour régler ce problème du mal-vivre, il faut régler le celui du chômage, des bas-salaires, la précarité, les services publics.
Profitant de cette situation une économie souterraine s’est depuis longtemps organisée et sévit dans les quartiers (drogue, armes, vols de voitures, agressions). Les caïds locaux sont connus et sont toujours les mêmes. Les habitants posent des questions : on arrête les lampistes mais les gros dealers et ceux qui les approvisionnent ne sont pas inquiétés, pourquoi ?
Le ministre de l’intérieur Manuel Valls agite les mêmes moulinets sécuritaires que la droite en évitant soigneusement le fond des problèmes.
25 000 habitants vivent dans ce quartier populaire du Pigeonnier avec un nombre important de chômeurs. Rappelons que ce quartier a été construit dans les années 60 / 70 afin d’approvisionner en salariés à moindre coût les usines de la Zone Industrielle Nord d’Amiens située à quelques minutes.
Il ne faut pas oublier que les policiers, CRS, gardes-mobile, hélicoptères sont les mêmes qui ont délogé à coups de gaz lacrymogène et de matraques les salariés de la Zone Industrielle au bout des 4 jours d’occupation lors des manifestations sur les retraites d’octobre 2010. Le quartier d’Amiens Nord, comme tous les quartiers populaires, est frappé de plein fouet par la « crise » du système capitaliste qui gangrène les moindres rouages de notre économie. La gestion du capitalisme par la sociale démocratie et le patronat pour le profit exclusif des groupes financiers ne fait qu’accroître les inégalités sociales vécues par la population. Seule une vraie politique du logement social, de l’emploi avec des salaires décents pourra faire reculer la misère, le mal-vivre, la galère des jeunes du Pigeonnier. Il faut être clair, ce ne sont pas les « emplois d’avenir » prévus dans les services publics et élargis maintenant dans les entreprises privées, qui vont régler les problèmes de fond. Au passage, les employeurs de ces contrats au rabais seront exonérés des cotisations sociales et subventionnés par l’état.
Seule une lutte de tous les instants contre le capitalisme et ceux à son service pourra changer ce système inhumain pour construire une société plus juste, au service du plus grand nombre.


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