Editorial de "L'ECHO de la Haute-Vienne" : Haro sur les fonctionnaires
Le gouvernement a-t-il délibérément choisi la politique du pire ou se croit-il investi d’une mission divine pour persister ainsi dans ses propos de contradictions ? Hier, on apprenait qu’il envisageait de supprimer davantage de fonctionnaires. Le non renouvellement d’un employé de l’État sur deux ne suffisait sans doute pas. Le blocage de leurs salaires une année de plus non plus.
La décision est d’autant plus incompréhensible qu’elle va à l’encontre de sa politique. Celle qui touche à la sécurité par exemple, alors que le ministre de l’Intérieur revient, sans le dire, à une police de proximité qui, par définition, demandera des moyens supplémentaires. Celle de la Santé où le ministre tente de convaincre qu’on ne peut guère descendre en-dessous des effectifs actuels. Celle encore de l’Education où on voit mal comment on peut encore supprimer des postes d’enseignants alors qu’il y a davantage d’élèves.
Pour expliquer sa volonté, le ministre de la Fonction publique, annonce qu’il va diminuer les agents dans les opérateurs de l’Etat, c’est-à-dire Météo-France, Pôle Emploi et le CNRS. La première s’est déjà battue pour sa survie face au même type de menaces qui ont déjà réduit la voilure des stations installées sur le territoire.
Comment pourrions-nous aller plus loin sans risquer ici un accident aéronautique, là une catastrophe naturelle ? Quant à Pôle Emploi, tout le monde sait que ses salariés sont très largement débordés par le nombre de dossiers.
Reste la recherche : amputer le CNRS de moyens humains, c’est mettre en retard la France de demain et louper le train du progrès.
Il n’y a donc aucune raison d’opérer une saignée supplémentaire sur le nombre de fonctionnaires. La seule explication qui vaille est une volonté affichée de crier haro sur les serviteurs de l’État, de s’en servir comme un défouloir dans la bagarre présidentielle qui s’engage, de les opposer à la France qui travaille. Discours au combien démagogique qui se rapproche des thèses manichéennes et populistes de l’extrême droite.
Thierry Spriet
Le 26 avril 2011


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