Elections cantonales : la position de l’U.R.C.F. (Union des Révolutionnaires-Communistes de France)
LA POSITION DE L’ U.R.C.F.

Les élections cantonales s’inscrivent dans les lois de décentralisation qui, conformément aux directives de Bruxelles, avec « la fin des départements », visent à créer de « fortes régions», pôles européens de développement, mais au détriment de régions entières victimes de la casse des emplois, de l’exode des jeunes.
Certaines formations progressistes analysent la décentralisation comme une tentative de diminuer le rôle de l’Etat. Il n’en est rien, le réformisme a toujours eu l’illusion d’un « rempart » avec l’Etat, prétendument censé représenter « l’intérêt général », ce qui constitue une mystification puisque éludant sa nature de classe.
Au contraire, on assiste à un renforcement de l’appareil d’Etat, notamment des appareils répressifs et bureaucratiques afin d’affaiblir des départements « asphyxiés » et des communes de plus en plus privées de finances (cf. la « suppression » de la taxe professionnelle) voyant leurs attributions se réduire comme peau de chagrin.
Pourquoi ? Parce que la bourgeoisie ne veut plus d’instances décisionnelles au plus près des gens et de leurs préoccupations… tout en affaiblissant toute démarche revendicative nationale, puisque le gouvernement renvoie ses interlocuteurs sur toute une série de problèmes aux exécutifs locaux départementaux.
Tour de passe-passe, pour ne pas satisfaire les aspirations et revendications.
Contrairement aux accents démagogiques du PS (social libéral), les départements dirigés par ce parti et ses alliés n’ont pas défendu une politique alternative, mais ont géré loyalement, dans le cadre de la politique définie nationalement et des directives de l’UE (Union Européenne). Le PS prétend avoir modernisé les collèges, défendu l’écologie, défendu les emplois, mais cela relève de la rhétorique.
Les élections constitueront pour beaucoup, le moyen d’exprimer leur mécontentement, en votant pour l’une ou l’autre des listes de gauche, non par « adhésion », mais pour souligner le rejet massif de la politique de Sarkozy et en lui infligeant un revers.
L’URCF ne présentera pas de liste en raison de la censure par l’argent. Nous rallier sans conditions aux listes de « la gauche à gauche du PS » occulterait notre démarche révolutionnaire anticapitaliste générale et nous ferait endosser des propositions dont nous dénonçons la fausseté et les illusions, telles « la réorientation de l’argent » ou « une banque européenne au service de l’emploi », propositions qui n’ont aucune perspective de réalisation, puisqu’elles ignorent totalement la nature du système capitaliste et de ses lois économiques !
Ce qui ne veut pas dire opposition de principe à des campagnes communes avec d’autres forces de progrès, mais pour assurer l’indépendance du mouvement véritablement communiste, il faut travailler toujours plus à renforcer ce mouvement, en veillant à son unité dans l’action ; ainsi et ainsi seulement, les propositions et axes de luttes anticapitalistes influenceront les militants de base et électeurs sociaux-réformistes, et exerceront une pression sur les appareils, les chefs.
De plus, « la boucle est bouclée » quand le parti de gauche, le PCF et d’autres se déclarent prêts à gouverner avec les Verts et le PS, défenseurs comme on le sait de l’UE et de la politique néolibérale du capital.
Ce serait donc mener campagne au premier tour pour continuer la même politique néfaste dès le second tour !
Notre campagne est centrée moins sur la forme (pour qui voter ?) que sur le fond : que faut-il avancer pour s’engager à faire payer, au moyen des luttes, la crise du capitalisme aux capitalistes ?
L’URCF travaille à forger un Front d’alternative populaire regroupant groupes et partis progressistes, anti-impérialistes, associations démocratiques, syndicats, associations de jeunes…
Nos tracts, et les interpellations des candidats, porteront sur des thèmes qui, alimentant des luttes politiques, constitueraient des éléments de rupture réelle avec la politique du capital :
- Dénonciation du non-respect du vote « NON » au référendum sur le TCE (traité) ; lutte contre l’UE et le traité de Lisbonne !
-Opposition générale et globale à la politique de Sarkozy et à ses contreréformes !
-Dénonciation claire des chefs du PS (social-libéral), piliers de la dictature du Capital dans notre pays, du local au national.
- Défense des libertés démocratiques, NON à l’Etat policier, aux fichages et aux expulsions de sans- papiers.
-Régularisation de tous les sans-papiers !
- Abrogation de la constitution réactionnaire de la Vème République, pour une Assemblée Constituante !
- suffrage universel à un tour, avec proportionnelle intégrale (liste nationale, municipale, cantonale, régionale).
- droit de révoquer les élus pour manquement aux engagements (contrat), corruption, malversations.
-lutte pour un contrôle populaire exercé par des assemblées de quartier regroupant les habitants de la commune, ces assemblées auront pouvoir de propositions et de contrôle y compris budgétaire.
- Lutte contre les délocalisations, les privatisations, les licenciements, les suppressions de postes dans la Fonction publique !
- De l’argent pour les travailleurs (recherche, santé, logement, éducation
- priorité à l’école publique -, transports…), pas pour le capital ni pour les guerres impérialistes !
- Retrait de la France de l’OTAN !
- Retrait des troupes françaises d’Afghanistan, d’Afrique !
- Faisons payer la crise par ses seuls fauteurs : les capitalistes !
Union des Révolutionnaires-Communistes de France
mars 2011


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