Elections régionales : les travailleurs n’ont pas encore gagné !
Avec près de 31 millions et 55% d’abstentionnistes et de votes blancs au premier tour, le décalage entre les discours des partis politiques et l’attente des Français s’accentue. La crise du système politique, déjà patent aux Européennes, s’approfondit.
Mépris des votes et des luttes
L’abstention reste très élevée au second tour. Le vote FN témoigne aussi, à sa manière, de la grande exaspération d’une partie de la population face à la crise et aux questions sociales. L’abstention est particulièrement forte chez les ouvriers : 62%.
En réalité, par rapport aux inscrits, les deux grands partis qui ont gouverné la France tour à tour depuis 30 ans obtiennent 14,25% pour le PS et 13,5% pour l’UMP. Ils sont ensemble responsables de cette situation.
Une majorité de Français avaient un moment retrouvé l’espoir quand, contre toutes prévisions des élites, des médias et des sondages, ils ont voté « Non au traité constitutionnel ». Ils ont dû très vite déchanté. Les deux grands partis pro-européens- l’UMP et le PS- ont méprisé leur vote en ratifiant le traité de Lisbonne qui reprend ce que le suffrage universel avait refusé en 2005. Tout ce qui a été rejeté dans les urnes et dans les luttes est appliqué par les gouvernements successifs : privatisation de l’énergie, des transports, de la santé, des postes et télécommunications, contre-réforme des retraites, déremboursement des médicaments …
Dévalorisation du travail et du suffrage universel
Depuis des années le quotidien devient plus difficile pour la grande majorité des familles. Avec la crise c’est pire encore: chômage, emplois précaires, jeunes sans emploi et sans avenir, quartiers de plus en plus abandonnés et déshérités, travail déshumanisé- jusqu’au suicide…tout cela s’est amplifié tandis que les banques et compagnies d'assurance françaises quadruplaient leurs bénéfices en 2009.
Pourquoi avoir confiance dans les dirigeants politiques présents tour à tour au pouvoir quand la vie, la santé, le travail et jusqu’au vote n’ont plus de valeur ?
L’attente de la classe ouvrière et des salariés
Au lendemain des élections les salariés, les Français ont toujours les mêmes problèmes. Ils attendent une défense ferme de la part des élus qui devraient se trouver au côté des salariés, sans compromission, notamment sur les retraites. Mais c’est à Barcelone en 2002 que Jospin et Chirac ont accepté ensemble l’augmentation de l’âge de départ à la retraite…
La région ne doit plus subventionner les entreprises qui licencient et font des chiffres d’affaires. Elle doit refuser les règles « de concurrence » européenne ( retour de la directive Bolkestein à peine modifiée… ) qui prévoient de livrer des services jusqu’alors publics aux plus offrants. Voilà les conditions politiques qui nous permettraient de dire : la gauche a gagné.
Régionales : Patronat OK Travailleurs KO
Mais avec un PS soumis à l’UE et au traité de Lisbonne, acquis à un capitalisme « régulé », le temps des illusions sera de courte durée. D’ailleurs la Bourse ne s’y est pas trompée : aucune vague après les régionales. Les actionnaires sont tranquilles.
En affirmant au premier tour vouloir être une « gauche combative », le Front de gauche a suscité un espoir. Mais son alliance avec le PS, sans conditions politiques, ne permettra pas d’opposer la résistance nécessaire aux politiques nationales et européennes destructrices pour les populations. Placer en outre ces élections régionales dans la perspective de « ce que pourrait être une gauche gouvernementale » comme le dit le PCF, ne peut que générer des illusions sur la politique d’un PS pro-UE. Mais nous avons trop mauvais souvenir des expériences d’union de la gauche, de gauche plurielle et du vote des traités de Maastricht, constitutionnel et de Lisbonne pour nous faire des illusions sur une nouvelle version dite « gauche solidaire ».
Ensemble, pour une société socialiste à la française
Pourtant la combativité, la colère sont toujours grandes. La mobilisation du 23 mars contre la réforme des retraites le montre, même si elle reste insuffisante dans la durée et dans le nombre. Et en Limousin, au deuxième tour, la liste d’union « Front de gauche-NPA » a réuni près de 20% des suffrages, 20% d’électeurs se prononçant contre le système capitaliste et ses ravages. Preuve est faite que les communistes peuvent être force de rassemblement, sans compromission, contre le pouvoir sarkozyste et ses contre-réformes capitalistes.
Encore un effort
Tous les communistes, PCF ou pas, devront bien un jour travailler ensemble pour reconstruire une force communiste qui se batte pour une transformation sociale en France, libérée du capitalisme mondialisé et européen. C’est ce à quoi les militants d’Action Communiste entendent être utiles.
Le 28 mars 2010
Action Communiste Haute-Normandie "Rouges vifs"


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