ESPAGNE: Une marée humaine de dizaines de milliers de personnes contre austérité et la corruption a envahi les rues de Madrid
Dans le hurlement des sifflets et des percussions, enseignants en vert, médecins et infirmières en blanc, pompiers casqués ou mineurs du nord de l'Espagne, en noir, ont convergé samedi 23 février 2013 vers la place de Neptuno à Madrid, près du Congrès des députés. "Démission", hurlait la foule, dans une marée de pancartes blanches portant un seul mot, "NO", frappées d'une paire de ciseaux, symbole des coupes budgétaires. "Rajoy, pars", "Dictature des banques, NON", réclamaient d'autres pancartes. "Nous en avons ras-le-bol des coupes budgétaires, la corruption, la baisse de qualité du système de santé". "Non au coup d'Etat des marchés", pour "une véritable démocratie": les mots d'ordre étaient multiples pour cette "marée citoyenne"
Parmi la foule, des salariés d'Iberia, la compagnie aérienne qui doit suprimer 3.800 emplois, en gilets jaune fluorescent, les mineurs, casque et lampe sur le crâne, dénonçant derrière une grande banderole "la fermeture des bassins miniers, sans activité alternative".
Cible de la colère des manifestants: la politique d'austérité menée depuis un an par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, visant à récupérer encore 150 milliards d'euros d'ici 2014, sur le dos des salariés et des retraités.
Alors que tous les clignotants sociaux sont au rouge, que le pays en récession affiche un chômage de 26%, la grogne est accentuée par l'aide européenne de plus de 41 milliards d'euros accordée aux banques, une injustice pour beaucoup d'Espagnols. Le mécontentement est aggravé par les nombreuses affaires de corruption qui éclaboussent les grandes institutions du pays, et la monarchie jusque-là réputée intouchable, qui se retrouve prise dans la tourmente d'un scandale sans précédent: le gendre du roi Juan Carlos, Iñaki Urdangarin, était interrogé samedi par un juge des Baléares dans une enquête sur le détournement de millions d'euros d'argent public. En janvier, c'est le nom de Mariano Rajoy qui était apparu dans une liste, publiée par le quotidien El Pais, de bénéficiaires présumés de paiements occultes.
Au point que, samedi, de très nombreux drapeaux républicains rouge, jaune, et violet, (celui de la République espagnole de 1936), flottaient dans la foule.
Source: blog de l'UL CGT de Dieppe


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