Etats d’âmes socialistes…
Retraites : au fil des manifestations
Ils sont partis comme des petits pains les autocollants. L’un : « Casse toi pov’con ». Et c’est Sarkozy qui le dit ! L’autre : « Pour nous, la retraite, c’est 60 ans ».
Quelques uns ont préféré le 2ième au premier. Mais l’immense majorité a préféré le « Casse toi, pov’con », aussitôt arboré.
Vulgarité ? Certainement pas. Seulement le ras le bol du locataire de l’Elysée, de son gouvernement. Tous en on marre d’être piétinés, humiliés. Plus personne ne supporte l’arrogance, le mensonge, l’un l’autre érigés en gouvernance.
Il est même des militants du PS qui ont pris l’autocollant du Parti de Gauche pour le mettre à côté de celui signalant leur appartenance. Ce qui n’est pas si étonnant comme nous allons le voir.
Un jeune, le sigle des Jeunesses socialistes sur la poitrine, décline l’offre que je lui fais d’afficher l’autocollant que je lui propose. J’insiste sur le mode de la bonne humeur. Il le prend et le colle. Comme je l’avais entendu prononcer quelques paroles acides à l’égard de Strauss-Kahn dans la conversation qu’il avait avec un de ses camarades, je l’interroge : « Que disais-tu à propos de Strauss-Kahn ? ». Il hésite, puis se lance : « Si Strauss-Kahn est notre candidat, je fais campagne contre lui ».
Tiens ! Tiens !
Et pourquoi ?
Il n’est pas de gauche.
Tu veux dire qu’il est de droite.
Oui, lâche-t-il, amer. Et pour se rattraper, il ajoute : « Mélenchon n’aurait jamais dû quitter le PS, avec Hamon et Emmanuelli, ils pouvaient l’ancrer à gauche ».
L’ancrer ? Tu crois que ça suffit d’ancrer, le PS est à gauche ou ne l’est pas. Il n’est pas besoin d’ancre et il ne suffit pas que quelques uns le tiennent au rivage pour qu’il y reste, tu ne penses pas ?
On a continué un moment à bavasser, puis je suis parti continuer la distribution. « A bientôt, camarade », j’ai dit.
La manifestation suivante, une femme arbore elle aussi un autocollant du PS. A l’instant où je lui tends le mien, elle hésite, se ressaisit et finit par le coller à côté de celui du PS.
Je ne sais pas si ça va avec, je dis ironiquement.
Si, si, dit-elle en éclatant de rire.
Ah ! Bon. Pourquoi ?
Parce que.
Parce que le PS n’est peut-être pas tout à fait à gauche, je suggère.
C’est ça, réplique-t-elle lapidairement.
C’est vrai qu’entre Strauss-Khan et Valls d’un côté, et Hamon de l’autre, à faire le grand écart, il y en a plus d’un au PS qui va se payer une déchirure.
Pour se justifier, elle ajoute : « J’attends encore un peu, puis je vais voir ».
Je vais te dire camarade, il y a quelques années j’étais au PS, je me suis même occupé 10 ans durant d’un GSE (Groupe socialiste en entreprise), puis je me suis barré, c’était quitter la boutique ou le socialisme. J’ai choisi. Pas facile, je sais, mais tu verras, t’y viendras. Au PS, il n’y a guère que les militants qui sont encore socialistes. Le projet, c’est celui des leaders. Autant de leaders, autant de projets. Et chacun de rouler pour son plan de carrière. Le socialisme dans tout ça, aux oubliettes.
Ouais,ouais, je sais.
Qu’est-ce que t’attends alors ?
Puis, comme la fois précédente, j’ai continué la distribution.
Combien sont-ils au PS comme ces 2 camarades à rester fidèle à la boutique ?


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