GRECE : le 20 février 2013, nouvelle grande journée de mobilisation contre l’austérité
En Grèce, les coupes budgétaires et les privatisations ont déjà limité l'accès de tous à des services de qualité, baissé les salaires et dégradé les conditions de travail des salariés, jusqu'à créer des souffrances poussant aux gestes les plus ultimes. Mais cela ne suffit pas au gouvernement, ni au patronat, ni aux autorités européennes, ni à la Troïka.
En conséquence la Grèce traverse une très grave crise humanitaire. Des maladies que l'on croyait éradiquées, la faim, la grande pauvreté et l'exclusion, y refont surface.
Le chômage frappe 27% des actifs grecs, plus de 60% des jeunes de moins de 30 ans .
Mais la détermination des travailleurs ne faiblit pas.
Le 20 février 2013 a connu une nouvelle grande journée de mobilisation contre l'austérité et la récession, partout dans le pays. En plus de celles d'Athène (35.000 manifestants « selon la police », c'est à dire sans doute 10 fois plus). et de Salonique (15 000 manifestants « selon la police »), c'est dans plus de 70 villes que des manifestations ont eu lieu; à Heraklion et Chania (Crète), Kalamata et Corinthe (Péloponnese), au pont de Rio-Antirrio près de Patras, Volos, Larissa et Karditsa (Grèce centrale), Preveza (ouest), Alexandroupolis (Thrace) et Drama (nord du pays), etc. Celle du Pirée s'est terminée sur le port, où les dockers s'étaient vus interdire le droit de grève. Ils s’étaient donc rassemblés dans les piquets de grève, ou sur le pont des navires.
La mobilisation visait, selon les centrales syndicales GSEE du privé et ADEDY du public, à "répondre à la politique politiques anti-croissance qui ont paupérisé la société et enfoncent l'économie dans la crise". "Stop, nous n'en pouvons plus", proclamait la banderole centrale du cortège de ces syndicats. Dans la foule, Panayotis Kolovos, jeune avocat de 25 ans "se considère comme chanceux avec au moins un emploi, même s'il n'est payé que 600 euros". "Nous ne survivons qu'à grand peine", lance-t-il à l'AFP. "Tout le monde autour de moi est sans emploi", affirme Alexandra Papadatou, 28 ans, diplômée d'économie au chômage.
De son coté le Front syndical PAME, proche du KKE, a manifesté, sous le slogan "Non aux bagnes modernes". Il dénonçait la dérégulation en cours du marché du travail qui fait baisser les salaires en cascade. Il appelait à faire barrage aux accords de branche, et à défendre les accords interprofessionnels.
Les agriculteurs ont pris une part importante et nouvelle dans cette journée d'action dans tout le pays. En plus d'avoir partout organisé des barrages routiers, une délégation paysanne a participé à la manifestation d'Athènes avec ses tracteurs, sous la bannière du Rassemblement militant des agriculteurs (PASY). A Athène l’impressionnant défilé dans le centre-ville d'Athènes s’est achevé devant le Parlement grec.
Le mouvement a touché des secteurs allant très au delà des seuls salariés et des paysans: Des cortèges du Rassemblement anti-monopoliste national des travailleurs indépendants, ou des commerçants (PASEVE), ou encore le Front de lutte des étudiants (MAS), la Fédération des femmes grecques (OGE) ont participé aux manifestations.


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