IL EST DISCRÉDITÉ : A BAS LE SYSTÈME CAPITALISTE [tribune libre de Guy POUSSY]
Le 44ème Forum économique mondial de DAVOS vient de se tenir. 1500 grands patrons, financiers, et hommes politiques se sont retrouvés pour discuter de leur système- le Capitalisme et son avenir- Il faut être extrêmement riche pour participer à ce Forum. 52500 euros l’inscription par personne (1), 114000 euros pour participer à toutes les réunions. Ces grands patrons ne viennent jamais seuls, et ils ne logent pas dans des gites d’étape. A la finale, cette participation coute des centaines de milliers d’euros par personne. Il est curieux que les journalistes avides de scoop ne publient pas de telles informations.
A l’occasion du forum de Davos, des chiffres ont été rendu public (2). Ils montrent, au niveau planétaire, l’accroissement des inégalités entre riches et pauvres. 85 personnes détiennent autant de richesses que la moitié de la population mondiale la moins riche, soit 3,5 milliards d’habitants.1% de la population possède 46% des richesses mondiales, soit 110 trillons de dollars (milliers de milliards de dollars). 70% de la population mondiale vit dans un pays ou les inégalités ont augmenté.
En Europe, la fortune des 10 personnes les plus riches est supérieure à 217 milliards d’euros, soit le total des mesures de relance européenne de 2008 à 2010. Cet état des lieux atteste que la régulation du capitalisme cannibale préconisé par certains est une vaste imposture. Le système capitaliste reste intrinsèquement pervers, générant d’énormes inégalités entre les salaires de misère qu’il pratique et les rémunérations pharaoniques des grands patrons, et des actionnaires des grandes entreprises. Avec le « management moderne » des entreprises, et la flexibilisation du marché du travail, les conditions de travail sont devenues insupportables. Il faut être corvéable, et sans esprit de révolte. Cette situation conduit des femmes et des hommes à se suicider sur leur lieu de travail.
L’expérience vécue en France montre que le pouvoir politique de droite, ou de gauche, soumis à la pression des institutions Européennes pratique une politique qui sert les intérêts du grand capital. Elle consiste à garantir pour les banques, et les actionnaires, la reproduction optimale du capital sur le dos du monde du travail, de la création et de la jeunesse. En baissant la garde devant les marchés financiers, ils ont endetté le pays, acceptant la loi du marché libre et sans concurrence, la loi des agences de notation et des institutions Européennes. Aujourd’hui avec « le pacte de responsabilité », le pouvoir actuel -camarade du patronat- continue la politique d’austérité qui nous a conduits dans le mur. Cette politique alimente la démagogie de l’extrême droite et du FN.
L’avenir n’appartient pas au capitalisme, et à ceux qui le soutienne. Il produit d’effroyables catastrophes humanitaires. S’en débarrasser est la tâche de l’humanité à l’époque contemporaine.
Aujourd’hui, la construction du socialisme à la française devrait être l’objectif fondamental de toutes les femmes et les hommes de progrès. Après l’échec du socialisme qui fut instauré dans les pays de l’est, le socialisme à la Française devrait être autogestionnaire, marqué par une incitation systématique à la participation du peuple, notamment de la classe ouvrière à la gestion des affaires dans l’entreprise, dans la commune, dans toute la vie sociale, à tous les niveaux de l’état jusqu’à la direction de celui-ci. Pour ne plus subir la loi des plus forts, une refonte des institutions actuelles est nécessaire. Il convient de mettre fin au pouvoir d’un seul homme élu tous les 5 ans.
Elles doivent être proche des gens, l’esprit critique développé, le pluralisme des idées instauré dans les grands moyens d’information, la souveraineté nationale réévaluée afin d’en finir avec les politiques décidées ailleurs et par d’autres. Une France libre, non alignée, pacifique, amicale. Elle devrait contribuer à l’établissement d’un nouvel ordre international fondé sur la coopération et non sur la concurrence. Une véritable sécurité collective à l’échelle du monde est aussi à établir.
Sans attendre des jours heureux, l’imagination doit prendre le pouvoir afin de décider en bas, des revendications, des formes d’action qui renouent avec la notion de luttes collectives, qui lèvent les clivages entre fonctionnaires et travailleurs du privé, entre les générations. L’expérience que nous vivons depuis 2012 confirme que l’alternance politique ne recèle aucun effet magique. Le peuple doit redécouvrir une réalité. Quel que soit le Président de la République, il devra lutter. En s’unissant dans l’action, il est assez fort pour vaincre, faire prévaloir ses droits, hors et dans l’entreprise, pour décider de son avenir, construire une société nouvelle. L’ESPOIR EST DE CE CÔTÉ.
Guy POUSSY
Le 29 janvier 2014
(1) Chiffres publiés par le NEW YORK TIMES
(2) Rapport de l’ONG OXFAM chiffres publiés dans « l’HUMANITÉ »


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