Indignés, insurgés, ensemble pour une politique de front populaire révolutionnaire
La première intervention de Christine Lagarde en tant que secrétaire général du FMI, a été une mise en demeure lancée au peuple grec d'accepter le deuxième plan d'austérité.
Cela ne fait que confirmer son ancrage néolibéral, assortie de sa « proximité intellectuelle des USA » comme se plaisent à le souligner les représentants de l'impérialisme US au sein du FMI. Il ne faudra pas longtemps pour que les manifestants grecs la brocardent en affiche, en pantin, en slogans, comme ils l'avaient fait avec son prédécesseur, DSK, ex candidat social-libéral à la présidence en France.
Il symbolisait, aux yeux des travailleurs et du peuple grec « insurgés » plus qu'indignés, l'arrogance de l'oligarchie financière prête à sacrifier des millions de personnes et hypothéquer gravement l'avenir de tout un pays, pour protéger les intérêts des banquiers, des spéculateurs et des marchés financiers.
Car tout ce système est ébranlé à la fois par une crise financière qui n'en finit pas et qui menace d'éclater à chaque instant et par le mouvement de résistance des jeunes « indignés » partout en Europe, les mouvements des peuples du Maghreb, les mobilisations ouvrières contre les plans d'austérité qui tombent les uns après les autres dans les différents pays. En prenant un peu de recul, on s'aperçoit de la formidable accélération de la lutte de classe qui mobilise des contingents toujours plus nombreux et souvent plus déterminés de travailleurs, des masses populaires. Bien sûr, tout cela n'avance pas d'un même pas, au même rythme, mais il est indéniable qu'il y a un mouvement d'entraînement, dans les têtes déjà. La référence à la révolution n'effraie plus comme cela a pu être le cas il y a peu encore. Le processus révolutionnaire en Tunisie y est pour quelque chose. Et de plus en plus, les militants, les travailleurs qui aspirent à un changement de société, peuvent prendre une part active dans ces combats menés ailleurs, en s'emparant, par exemple, de la question de l'annulation de la dette de la Tunisie. Ce sont les banques françaises qui détiennent une part importante de cette dette, instrument de pillage des richesses du pays que seul un régime dictatorial comme celui de Ben Ali, pouvait imposer.
«Le pacte pour l'euro» est commun à tous les pays de la zone Euro, mais aussi à ceux qui n'y appartiennent pas, mais qui sont liés par mille et un liens à cette zone. A travers la sacralisation de l'équilibre budgétaire, ce pacte impose des plans d'austérité partout, pousse plus loin la liquidation des mécanismes sociaux et des services publics, impose une baisse absolue des salaires et soumet les gouvernements et les institutions au contrôle et au diktat de l'oligarchie et des marchés financiers.
Face à l'ampleur de l'attaque, la riposte doit être la plus large, la plus unitaire possible et viser la coordination au niveau internationale.
Deux secteurs sont particulièrement touchés par les conséquences de ces politiques : les femmes des milieux populaires et la jeunesse.
La précarité et les discriminations de toutes sortes sont accentuées par la crise et les politiques d'austérité. Les femmes travailleuses, avec ou sans papiers, ont pris leur place dans les grandes mobilisations sur les retraites et aujourd'hui, notamment dans le commerce, pour les augmentations de salaires. La campagne pour l'augmentation des salaires dans les métiers féminisés et pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes, est appelée à se développer et à entraîner toujours plus d'organisations, associations féministes, syndicats, partis politiques…
Quant à la jeunesse, inspirée par les révoltes populaires dans les pays du Maghreb, si proches, et les mouvements de jeunes dans plusieurs pays d'Europe, elle veut se battre pour sortir de la précarité à vie et se forger un avenir de progrès.
Deux autres questions constituent des axes de mobilisation et de rupture à développer, de façon large, massive et unitaire. Il s'agit de la mobilisation pour sortir du tout nucléaire et des mobilisations contre la politique xénophobe de l'Etat, de la « préférence nationale » et de la criminalisation de l'immigration. Des collectifs se battent sur ces terrains sur lesquels la droite et l'extrême droite font de la surenchère.
Nous avons là, des axes de mobilisation concrets, qui permettent de travailler au rassemblement des forces de la gauche de transformation sociale, de mener des politiques de front populaire, tout de suite et sur le long terme.
C'est la démarche que nous proposons de partager avec toutes les forces, dans des cadres unitaires, qui peuvent se prolonger et converger.
C'est la démarche du front populaire révolutionnaire que nous mettons en œuvre, maintenant !
Source : « La Forge - Parti Communiste des Ouvriers de France »


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