L’ABSTENTION à l'élection européenne: ENNEMI N° 1 du Front National [M'PEP]
Pour le Front national (FN), le 1er Mai n’est pas la journée internationale de mobilisation des travailleurs pour leurs droits et leurs revendications. C’est au contraire l’occasion pour ce parti de se démarquer des organisations syndicales de travailleurs pour organiser une diversion pathétique aux pieds de la statue de Jeanne d’Arc à Paris. Mais, pour une fois, Marine Le Pen aura lâché un peu de vérité lors de son discours.
Pour la présidente du FN, en effet, son ennemi le plus dangereux lors de l’élection européenne est l’abstention. Jamais madame Le Pen n’avait autant critiqué l’abstention, témoignant ainsi de la grande inquiétude des dirigeants de ce parti.
Florilège :
« Ceux qui n’iront pas voter le 25 mai […] laisseront aux partisans de l’Union européenne la possibilité de continuer leur œuvre funeste ».
S’abstenir, c’est « faire un cadeau » aux « François Hollande, Manuel Valls et Jean-François Copé ».
« Certains d’entre nous font une funeste erreur, ils pensent qu’en boudant les urnes le 25 mai, ils diront leur mépris pour cette UE qu’ils n’aiment pas [...] mais c’est tout l’inverse. Ceux qui n’iront pas voter laisseront aux partisans de cette UE la possibilité de continuer leur œuvre funeste ».
« Chacun d’entre nous doit convaincre sa famille, ses amis d’aller voter le 25 mai prochain ».
« Si le peuple français nous place en tête, le président de la République ne pourra pas ignorer le rejet de la construction européenne qui se sera exprimé ».
La présidente du FN a appelé ses électeurs à faire leur « devoir de patriote » le 25 mai. « C’est un rendez-vous crucial, beaucoup plus qu’il n’y paraît ».
Au mot près, c’est le même discours que celui de tous les partis qui se prêtent, comme le FN, à ce simulacre électoral.
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Le FN a peur de ne pas être clairement le premier parti de France à l’issue de l’élection européenne
Les grands médias, l’UMP, le PS et, dans une moindre mesure, le Front de gauche et l’extrême gauche font objectivement la campagne du FN. En diabolisant ce parti, en le faisant apparaître en dehors du « cercle de la raison », ils ne font que le conforter auprès des citoyens qui mettent tous les partis politiques institutionnels dans le même sac. Le PS et l’UMP ont un intérêt évident à faire monter le FN, grâce surtout aux grands médias audio-visuels qu’ils contrôlent.
Le FN prétend incarner la voix des classes populaires et moyennes, or il craint qu’une grande majorité de celles-ci ne lui apportent pas leurs voix et préfèrent l’abstention. Ce qui mettra alors la prétention du FN en défaut.
Le but n’est pas l’élection européenne, en effet, dont tous les responsables politiques savent bien qu’elle ne sert à rien même si, bien entendu, ils disent le contraire. C’est à la présidentielle de 2017 qu’ils pensent tous. Ils ont besoin, absolument, que le FN arrive en tête de l’élection européenne. Ils pourront alors d’autant mieux faire peur aux cohortes d’oies blanches qui n’attendent que ce frisson pour se jeter, à « gauche », dans les bras du candidat du PS, et à « droite » dans les bras du candidat de l’UMP. Tous les satellites qui gravitent autour de ces deux partis – UDI, EELV, Front de gauche, MRC, etc. – seront sommés de ne pas présenter de candidat en 2017 pour que le champion du PS d’un côté, et celui de l’UMP de l’autre, soit présent au deuxième tour. PS et UMP sauront être généreux en échange : un groupe parlementaire par-ci ; des vice-présidents de Conseil régional par-là… malheur à ceux qui enfreindraient la règle du vote utile dès le premier tour en présentant des candidats. Ils seront accusés de diviser leur camp et de favoriser le FN.
Le bipartisme (PS-UMP) est mort. Nous entrons dans le tripartisme (PS-UMP-FN) : trois forces politiques de poids sensiblement égal. Les frères siamois que sont le PS et l’UMP se retrouvent désormais contre le FN (en fait ils jouent avec le FN, mais ils jouent avec le feu). Comme l’élection présidentielle est à deux tours, il y aura toujours l’un des deux larrons (le candidat du PS ou celui de l’UMP) face à Marine Le Pen. En 2017, pour « faire barrage » à la droite et au FN, faudra-t-il voter, dès le premier tour, pour Manuel Valls, futur candidat du PS à l’élection présidentielle ? Le pari délirant fait par les « élites » du PS et de l’UMP est que la résilience française au vote FN serait très forte, et que jamais la France ne se donnera au FN. Ce pari n’aurait pas dû être pris, car l’explosion du « front républicain » lors des seconds tours des élections de ces derniers mois permet d’imaginer le pire.
Le tripartisme, c’est le chantage permanent du PS et de l’UMP pour voter en faveur de leurs candidats sous peine d’être accusé de faire le jeu du FN. Le tripartisme, c’est entrer dans la politique du « moins pire ». Comme le PS serait « moins pire » que le FN et que la droite, il faudrait désormais voter PS à toutes les élections. On voit bien qu’un tel système politique, où le FN a été hissé après trente années d’efforts du PS (et de la droite) au même niveau qu’eux, est une bénédiction pour les frères siamois de la politique (PS et UMP). Ces derniers peuvent perdre une élection, cela n’a aucune importance. La même politique, au service des classes possédantes, sera menée, et ils gagneront l’élection suivante à l’occasion de la prochaine alternance. Et ainsi de suite. Eternellement. Sauf si le piège est déjoué par une abstention massive à l’élection européenne.
Le FN a besoin de confirmer à l’élection européenne ce que les grands médias ont présenté comme sa « victoire » aux élections municipales. C’est pourquoi le FN est d’accord avec les classes dirigeantes, et particulièrement avec le système médiatique, pour que l’enjeu de la prochaine élection européenne soit de faire du FN le premier parti de France.
Si, malgré le matraquage médiatique et l’ « aide » que lui apportent le PS et l’UMP, le FN n’était pas le premier parti de France le 25 mai au soir, la dynamique du FN vers la présidentielle serait entravée. Le FN veut éviter à tous prix cet écueil et ne pas prêter le flanc à ce qui serait interprété comme une défaite.
Cependant, être le premier, pour le FN, ce n’est pas seulement par rapport aux votes exprimés. Car être le premier avec 80% d’abstention n’aurait plus aucune signification. Et c’est cela que craint le FN. Imaginons que le FN fasse 20% des exprimés à l’élection européenne. Si l’abstention est de 80%, son véritable poids ne sera que de 4% !
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L’abstention est une arme de destruction massive du vote Front national
Le FN est à mettre dans le même sac que tous ceux qui participent à cette mascarade électorale de l’élection européenne. D’un côté le FN dit qu’il veut sortir de l’UE et de l’euro, et de l’autre, en réalité, il veut y entrer par la porte du parlement européen. Il veut se goberger comme les autres. Il fait miroiter, comme les autres partis qui présentent des listes, que l’on peut transformer l’UE de l’intérieur ce qui est totalement faux.
Le véritable enjeu de l’élection européenne n’est pas de savoir si le FN arrivera ou non en tête. Le véritable enjeu est le taux d’abstention. Seul le taux d’abstention témoignera du rejet, par les citoyens, du système de Bruxelles. Autant dire que les électeurs avisés qui se seront abstenus auront fait d’une pierre deux coups : ils auront délégitimé l’Union européenne et ridiculisé le FN, même si ce dernier est arrivé premier. Le premier, en vérité, sera le parti de l’abstention qui, avec le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) aura une voix politique.
Les citoyens qui rejettent l’Union européenne ne peuvent pas donner leur voix aux partis qui, de fait, et malgré leurs dénégations, acceptent ce système en se prêtant à cette parodie électorale.
Abstention !


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