L'ACTUALITÉ AU JOUR LE JOUR - par El Diablo, rêveur de mieux avec son grenier des affiches syndicales et politiques
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Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.
Proverbe chinois
Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite
Guy Bedos
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Ernesto Che Guevara
« Pour se protéger la bourgeoise inventera un antifascisme contre un fascisme qui n'existe pas »
Pasolini, « Écrits Corsaires »
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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE
sur l'ÉCRITURE
dite « INCLUSIVE »
adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017
Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.
Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.
Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.
Le 28 janvier 2014, les députés ont approuvé à une forte majoritéune proposition de réforme constitutionnelle visant à permettre l’adoption de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.
Ce débat m’a surprise. D’une part, parce qu’il est d’origine parlementaire. D’autre part, parce qu’il s’est imposé très rapidement sur la scène politique. Il m’a également interrogée : Pourquoi remettre en scène un texte dont la non-conformité constitutionnelle est commentée depuis plus de 15 ans ? Les parlementaires auraient-ils vraiment pour souhait de remettre en cause des grands principes relatifs à l’unité du peuple français et à la langue nationale ?
Le rapport de Jean-Jacques Urvoas, signataire de ladite proposition de loi constitutionnelle, semble démontrer qu’une telle remise en cause n’est pas souhaitée. De fait, alors que cette volonté de voir cohabiter dans notre loi fondamentale la promotion des langues minoritaire et l’indivisibilité du peuple français pose de sérieux problèmes juridiques, on se demande quelle mouche a pu piquer le constituant. Pourquoi rouvrir ainsi un débat si sensible alors que les dispositions concrètes de protection des langues régionales peuvent (et elles le sont déjà souvent) être mises en application sans ce texte international ?
A cette question, l’article ne proposera aucune réponse digne d’intérêt, mais il aura au moins, je l’espère, le mérite de poser clairement le contexte juridique de ce débat hautement politique.