La question de la révolte bretonne - le point de vue du Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais-
Cercle Ouvrier
du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais
Des camarades, nous ont demandés quelle était la position de notre Cercle Ouvrier sur la situation en Bretagne, voilà donc nos premières appréciations, peut-être sont-elles fausses.
La révolte bretonne est-elle celle des prolétaires de l’agro-alimentaire, unis pour défendre leurs emplois, est-elle une stratégie du capital, est-elle une récupération de la droite réactionnaire ou de la gauche anticommuniste, est-ce une nouvelle tentative identitaire ?
Crise du cochon, crise du poulet, crise du poisson, crise identitaire, crise des transports… crise du Capital !
La société française, telle qu’elle est organisée, ne répond plus aux critères européens, notamment au Traité de Lisbonne signé par François Hollande, qui prévoit la dislocation de la nation souveraine au profit des eurorégions.
L’Europe, voyant que la France (le peuple) traîne les pieds pour mettre en place la stratégie territoriale décidée à Bruxelles, mais aussi les réformes structurelles, a modifié les règles de la PAC (politique agricole commune) qui pendant des années a profité aux éleveurs puis aux céréaliers puis aux transformateurs, comme elle a modifié les normes pour asphyxier un peu plus les petits producteurs et les petits éleveurs.
Ce n’est donc pas un nouveau complot mais de la mise en place du plan stratégique qui vise à accélérer la création des « länder » dont la finalité est l’Europe fédérale, les Etats-Unis d’Europe qu’avait décrits Lénine en 1916, dans «Impérialisme stade suprême du capitalisme »… C’est donc un signe en direction du gouvernement mais aussi des politiques, lesquels détournent l’attention pour cacher la vérité, en entraînant les travailleurs dans leur sillage, avec des propos politiciens et démobilisateurs…
Aussi, il est bien difficile de faire comprendre cette stratégie du chaos à des salariés désespérés et en colère, quand l’extrême-droite utilise l’euroscepticisme comme thème central dans sa campagne électorale populiste et de sa propagande politicienne xénophobe… ainsi l’approche doit être dialectique !
C’est d’autant plus difficile que la gauche française et européiste (en tête de gondole) ne s’attaque pas à l’Europe sur son fond politique mais sur sa forme, car l’électoralisme a dépassé les partis et même les PC. Pourtant, la vieille rengaine réactionnaire qui consiste à dire « grâce à l’Europe, il n’y a plus de guerres » ne tient plus, car il y a toujours une crise économique et sociale en amont, nous ne sommes donc pas à l’abri d’un conflit majeur qui d’ailleurs pourrait être délocalisé.
Toutefois, il faut retenir que cette révolte « bretonne », manipulée par les patrons et les multinationales, est peut être les prémices d’une révolte générale sur tout le territoire, d’où l’immédiate volonté des parties de discuter avec le gouvernement pour trouver des solutions régionales à cette crise…
D’ailleurs nous avions proposé la création d’un Front Populaire antilibéral dans la région Nord-Pas-de-Calais pour se mettre en face des licencieurs et des délocalisateurs qui vident l’industrie, et exiger l’interdiction des licenciements et des délocalisations… mais aussi le contrôle des productions de A à Z ce qui aurait éviter des fermetures… Bien sûr cette proposition est tombée dans les oubliettes de ceux qui pensent qu’un Front Populaire sera national ou ne sera pas, ou qui pensaient que cette proposition était trop gauchiste ou à caractère régionaliste… Ce sont les mêmes qui râlaient en 2010 au moment de la lutte contre la réforme Sarkozy-Fillon des retraites, quand les travailleurs scandaient « Sarkozy-Fillon démission ! » dans les manifestations ici dans le Nord-Pas-de-Calais, jugeant ce slogan extérieur à la revendication.
Mais force est de constater que les syndicats CGT du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais tentent bien de s’organiser sur ce territoire pour défendre les emplois, les lieux de productions, mais aussi l’esprit de la classe ouvrière. Ils ont bien compris que sans des luttes organisées et unitaires avec la population, ce territoire sera sacrifié et voué à devenir un désert industriel où ne fleuriront que quelques musées historiques pour rappeler les cheminées qui y fumaient.
Oui il y a les « bonnets rouges » en Bretagne Ouest et les « boyaux rouges » dans le Bassin Minier Ouest, tous confrontés aux mêmes problèmes, les fermetures, les délocalisations, l’Europe et les multinationales… et à une politique gouvernementale et électoraliste qui sert la soupe aux riches et au capitalisme.
Et le problème de tous les travailleurs de ce pays, c’est le manque d’un parti de classe et de masse, à vocation socialiste, et d’un syndicat de classe et de masse avec une direction non opportuniste.
Le 4 novembre 2013
Source : comibase@gmail.com


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