Les droits de l'homme en UKRAINE ...
Extraits de l'intervention de Vitali Tchourkin , délégué permanent de la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU du 16 avril 2014.
[...] À l’heure actuelle, il est essentiel de recevoir des informations précises sur ce qui se passe en Ukraine. Si l’on veut justifier une présence internationale dans le pays, il faut analyser de manière objective et impartiale l’évolution de la situation.
Malheureusement, le rapport publié hier par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme suggère le contraire. Ce document est partial et subjectif. Ses auteurs ont préféré fermer les yeux sur le fait que les autorités ukrainiennes actuelles sont arrivées au pouvoir à la suite d’un coup d’État armé, et non pas au moyen d’élections démocratiques et civilisées.
Les attaques menées par des groupes de sécurité armés illégaux et le pillage de bâtiments administratifs par des militants radicaux sont miraculeusement décrits dans le rapport comme des manifestations pacifiques, tandis que les manifestations des citoyens ukrainiens dans les régions orientales du pays sont qualifiées d’actes illégaux. Le rapport affirme naïvement que le Gouvernement ukrainien est apparemment fermement disposé à rompre avec les injustices du passé et à définir une nouvelle vision pour l’avenir de l’Ukraine. Il omet certains faits gênants attestant que, dès les premiers jours, les activités de ce même Gouvernement ont été menées dans un climat de violence et d’anarchie qu’il a lui-même créé.
Le rapport ne prête aucune attention à la tendance fort dangereuse de la croissance incontrôlée d’un nationalisme et d’un néonazisme agressifs. En fait, on a bien pris soin d’éviter d’utiliser le terme « néonazisme ». Le chauvinisme enragé asséné par des groupes de droite et d’extrême droite en Ukraine occidentale et centrale, qui est présenté comme l’expression du droit des minorités à participer à la vie politique, n’est pas véritablement pris en compte. Rien n’est dit sur les incitations publiques à la haine nationale, voire à l’extermination de la population russe. Les déclarations du chef du parti parlementaire « Liberté » [Sloboda] parlent de libérer l’Ukraine de la soi-disant mafia Moskal’sko- Zhidovskaia – pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de cet argot de gangster auparavant, cela signifie les Russes et les Juifs.
Je tiens à rappeler que, selon le Centre Simon Wiesenthal, cet individu figure à la cinquième place sur la liste des antisémites les plus enragés d’Europe. Or, ce parti est désormais en charge de l’armée et d’autres forces à Kiev.
Ceux qui incitent au meurtre et à la violence fondée sur l’appartenance ethnique sont des criminels. Ils doivent être arrêtés rapidement et traduits en justice conformément aux obligations internationales de l’Ukraine, y compris dans le domaine des droits de l’homme, et non pas faire partie du socle même de la Garde nationale et de l’élite au pouvoir.
Même si le rapport affirme à juste titre que la société ukrainienne est bilingue, la véritable situation de la population russophone n’y est pas du tout reflétée. Il faut se rappeler qu’à une certaine époque, ses membres étaient considérés comme des non-autochtones, une minorité, des étrangers, des envahisseurs. La langue russe est peu à peu écartée.
On compte de nombreux cas de harcèlement et d’emploi de la violence physique par des nationalistes et des radicaux ukrainiens à l’encontre de représentants des autorités précédentes, et de ceux qui ne sont tout simplement pas d’accord avec le régime en place. Tout récemment, le 7 avril, des participants à un congrès de juges ont été raillés et insultés. Dans la nuit du 15 avril, le siège du Parti communiste ukrainien à Soumy a été détruit. Malheureusement, les auteurs du rapport ont préféré passer sous silence cette preuve scandaleuse des actes anarchiques perpétrés par les partisans du régime au pouvoir à Kiev.
En revanche, le rapport abonde en références aux témoignages de divers anonymes qui ont vu ou entendu quelque chose, quelque part.
L’évaluation faite par le rapport de la situation de la liberté d’expression et de la presse ne résiste pas à l’analyse, comme si les tentatives incessantes des autorités ukrainiennes pour entraver la couverture objective de la situation, leurs menaces et leur intimidation à l’encontre des journalistes, leur refus d’autoriser les représentants des médias étrangers à pénétrer dans le pays, n’existaient pas.
[...] Comment peut-on ne serait-ce qu’évoquer le respect des droits de l’homme et l’état de droit si même les candidats à l’élection présidentielle en Ukraine – Oleg Tsarev et Mikhaïl Dobkin – sont attaqués, et que le Parlement ukrainien s’est finalement transformé en une sorte de démocratie où prévaut la loi du plus fort ?
[...] De façon générale, nous sommes dans l’obligation de conclure que le rapport porte atteinte à la crédibilité du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en tant que défenseur impartial des droits de l’homme. Nous continuerons de surveiller de près les travaux de la mission, et espérons que ses futurs rapports reflèteront la violence qui déferle sur le sud-est du pays grâce aux autorités de Kiev.
Nous conseillons à tous ceux qui défendent la cause des droits de l’homme en Ukraine par les actes et non par les mots d’accorder une attention particulière aux agissements des autorités autoproclamées de Kiev, qui menacent de pacifier de force l’est et le sud-est du pays, en commettant des violations massives et brutales des droits de l’homme, en particulier à l’encontre des populations russes et russophones de ces régions.
source: FACEBOOK - Jean-Pierre Dubois


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