Manifeste européen du FRONT de GAUCHE: une stratégie incantatoire peu convaincante
« L’élargissement à 28 États membres rend quasiment impossible la modification des traités qui requiert l’unanimité des pays membres. Un seul pays pourrait bloquer tout progrès social ou écologique. »
Les solutions proposées, qui tiennent de la seule désobéissance, renvoient donc toutes, par constat d’impuissance, au domaine national, soit dans le cadre des institutions politiques de l’État, soit par la mobilisation citoyenne. Avec juste le vague espoir d’une généralisation de la colère à d’autres populations de l’UE.
2. Une incompréhensible soumission à la monnaie unique
Plus inquiétante est la soumission avouée à la monnaie unique européenne, en des termes étonnamment identiques à ceux régulièrement employés par la Troïka (BCE, Commission, FMI) pour faire peur, ou par la coalition de fait des deux groupes parlementaires jusque là majoritaires, le PPE (Parti populaire européen, droite) et le PSE (Parti socialiste européen). Qu’on en juge :
« Certains prônent la sortie de l’euro et la mise en oeuvre de politiques de dévaluation compétitive. Ce projet est économiquement hasardeux. Il alourdirait l’encours de la dette publique, renchérirait les importations, ce qui pèserait sur le niveau de vie de la population, et ouvrirait la porte à la spéculation sur la nouvelle monnaie. »
À quoi bon, déclarer dans la foulée que l’euro n’est « plus supportable pour les peuples » ? Comment le valeureux groupe GUE-NGL (Gauche unie européenne - gauche verte nordique) compte-t-il imposer « un changement radical de politique monétaire » à la BCE ? À l’unanimité des 28 pays membres ? Ah non, en « désobéissant »... Tout ceci est absurde et ne tient pas la route.
3. Des postures velléitaires qui vont à l’encontre des analystes de gauche
Il est étonnant que les rédacteurs de gauche de ce manifeste ne tiennent pas plus compte des travaux effectués sur le sujet par des économistes et intellectuels tout autant de gauche qu’eux, comme Frédéric Lordon, Jacques Sapir, Emmanuel Todd, ou même encore, tout récemment, le très rose pâleBernard Maris :
Si l’on rajoute à cela une position assez flottante sur la question de la dette que les intéressés proclament tantôt avoir les moyens de rembourser, tantôt vouloir renégocier parce qu’insoutenable, nous faisons face ici plus à des postures velléitaires qu’à l’exposé d’une stratégie réellement convaincante.
Et il n’est pas sûr que ce manifeste incantatoire soit de nature à séduire le flot grandissant des eurosceptiques à pulsions abstentionnistes.
source: http://yetiblog.org/


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